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Bergoglio avait approuvé la béatification de prêtres tués par la junte argentine

BUENOS AIRES, Argentine - Avant qu'il ne devienne le pape François, celui qui était à la tête de l'Église catholique argentine avait entamé des démarches devant mener à la béatification de prêtres et d'autres catholiques assassinés en juillet 1976, alors que la dictature du pays sud-américain éliminait des milliers de gens que le régime qualifiait de «subversifs».

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a confirmé mardi que Jorge Mario Bergoglio avait approuvé la béatification de Carlos de Dios Murias, un prêtre franciscain tué dans la province La Rioja, où sa mission s'en prenait aux intérêts de puissants dirigeants locaux.

Un autre prêtre franciscain, le Français Gabriel Longueville, a été trouvé mort aux côtés de Murias. Les deux prêtres s'étaient fait arracher les yeux et couper les mains, apparemment après avoir été enlevés par un escadron de la mort militaire.

Un laïque qui avait collaboré avec eux, Wenceslao Pedernera, a été trouvé battu à mort quelques jours plus tard. Le diocèse de La Rioja travaille à faire reconnaître leur sainteté depuis 2011.

Le père Lombardi a expliqué qu'en tant que chef des évêques d'Argentine, M. Bergoglio avait également approuvé la tenue d'une enquête sur la sainteté de cinq Pallottins tués à l'église Saint-Patrice de Buenos Aires.

Trois prêtres et deux séminaristes avait été descendus par un commando de droite, et leurs assassins avaient laissé des graffitis disant qu'il s'agissait d'une revanche pour le bombardement d'une station de police par un groupe de gauche qui avait fait 18 morts deux jours plus tôt.

Les deux séries d'assassinats sont survenues alors que les religieux qui s'occupaient d'oeuvres de bienfaisance étaient victimes d'une vague d'enlèvements et de meurtres, au même moment ou les hautes autorités de l'Église restaient muettes sur les méthodes violentes utilisées par la junte pour éliminer ceux qu'ils considéraient comme subversifs.

Ces cas sont revenus au grand jour mardi lors de l'intronisation du pape François car le chef des Franciscains en Argentine et en Uruguay, Carlos Trovarelli, a déclaré au journal italien La Stampa que la sagesse de Bergoglio quant aux politiques de l'Église était ce qui avait permis aux procédures de béatification d'aller de l'avant.

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