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Armes d'assaut aux États-Unis : les démocrates capitulent

Les élus démocrates du Sénat ont décidé d'abandonner une mesure visant à interdire les armes d'assaut, présentée par le président Barack Obama dans la foulée du massacre de Newtown, en décembre dernier.

Selon le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, le texte ne dispose pas du soutien nécessaire pour être adopté. La proposition sera donc détachée du reste des réformes du contrôle des armes, moins controversées, sur lesquelles le Sénat devrait voter dans les prochaines semaines, afin de ne pas mettre en péril leur chance d'adoption.

Dianne Feinstein, la sénatrice démocrate à l'origine du texte, a fait part de sa déception. « Vous savez, sur ce sujet, les ennemis sont très puissants, je l'ai su toute ma vie », a-t-elle déclaré, en faisant allusion au lobby pro-armes National Rifle Association (NRA), farouchement opposé au projet.

« J'ai essayé de mon mieux, mais parfois, ce n'est pas assez », a-t-elle dit.

Le texte sera soumis au vote indépendamment, sous la forme d'un amendement qui devrait être rejeté. Dianne Feinstein aurait besoin de 60 voix sur les 100 que compte le Sénat, mais elle fait face à une solide opposition républicaine ainsi qu'à des défections probables de certains démocrates.

La mesure, « même avec une estimation optimiste, dispose de moins de 40 voix, on est loin des 60 », a déclaré le sénateur Harry Reid.

Une loi qui a déjà existé

Dianne Feinstein tentait ainsi de ressusciter une loi qui avait été en vigueur de 1994 à 2004. Le Congrès ne l'a pas renouvelée lors de son expiration.

Le texte aurait interdit dans tout le pays la fabrication, l'importation et la vente de pistolets et fusils semi-automatiques de type militaire, dits « d'assaut », de même que les chargeurs à haute capacité, de plus de 10 balles. C'est ce genre d'arme qu'a utilisée Adam Lanza pour tuer 26 personnes, dont 20 enfants, dans une école du Connecticut, le 14 décembre dernier.

Actuellement, seuls sept États et la capitale fédérale Washington interdisent ces armes.

Trois autres mesures adoptées en commission pourraient en revanche être mieux accueillies au Sénat : la généralisation des vérifications d'identité et d'antécédents judiciaires avant tout achat; la pénalisation des achats d'armes réalisés pour une personne qui n'aurait pas le droit d'en posséder; et de nouveaux crédits pour renforcer la sécurité dans les écoles.

Les associations qui militent pour le renforcement de la législation étaient peu surprises mardi. Mark Glaze, qui représente des centaines de maires américains, a affirmé qu'il « respectait » la décision des élus démocrates. Dans un communiqué cité par l'Agence France-Presse, la grande association Brady Campaign to Prevent Gun Violence a simplement dit garder espoir.

Le lobbyiste de la NRA, Chris W. Cox, a également réagi dans un communiqué. « L'histoire a prouvé que l'interdiction insensée des armes à feu basée sur des caractéristiques esthétiques ne rendra pas nos communautés plus sûres », a-t-il déclaré.

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