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17/03/2013 07:03 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

Un journal syrien accuse Beyrouth et Amman de laisser passer des jihadistes

Le Liban et la Jordanie jouent avec le feu en laissant passer en Syrie des jihadistes et des armes, a mis en garde dimanche le quotidien gouvernemental syrien As-Saoura.

"Le feu du terrorisme ne consumera pas seulement la Syrie mais pourrait se propager au Liban et à la Jordanie, surtout si ces deux pays interviennent dans la situation en Syrie, en ignorant le passage d'hommes armés et d'armes à partir de leur territoire ou en participant directement au complot contre la Syrie", assure le journal.

Selon le quotidien, "la Jordanie a carrément ouvert ces derniers jours ses frontières (pour laisser) passer les jihadistes alors qu'auparavant elle se contentait uniquement de faciliter le passage aux éléments entraînés sur son territoire par des agents des services de renseignements américains".

"Quant au Liban, il ferme les yeux sur le trafic d'armes vers la Syrie mené par des forces extérieures au gouvernement", ajoute As-Saoura.

A Amman, le porte-parole du gouvernement Samih Maaytah a affirmé à l'AFP que "l'armée jordanienne déploie beaucoup d'efforts pour contrôler la frontière et éviter les infiltrations de part et d'autre, afin de préserver la sécurité et de s'assurer qu'il n'y pas d'interférences dans les affaires syriennes. Dans ce cadre, des mesures militaires peuvent être prises ici et là".

Une source au sein des services de sécurité à Damas avait affirmé vendredi à l'AFP "déplorer le changement d'attitude de la Jordanie qui a ouvert depuis une dizaine de jours sa frontière et laisse passer des jihadistes et des armes croates achetées par l'Arabie saoudite".

Elle avait estimé qu'il s'agissait "d'un changement d'attitude, car jusqu'à présent la Jordanie a strictement contrôlé sa frontière pour empêcher le plus possible le passage de terroristes et d'armes". "Il s'agit vraisemblablement de pressions des pays hostiles à la Syrie", a-t-elle ajouté.

Jeudi, le ministère syrien des Affaires étrangères a menacé de frapper en territoire libanais les "bandes armées" passant clandestinement en Syrie.

"Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l'intérieur du territoire libanais (...) mais cela ne durera pas indéfiniment", a-t-il averti dans une lettre aux Affaires étrangères libanaises.

L'armée syrienne a tiré durant le conflit sur des zones frontalières au Liban, mais c'était la première fois que la Syrie menaçait officiellement et publiquement de frapper son petit voisin libanais, divisé entre partisans et adversaires du régime Assad.

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