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17/03/2013 11:47 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

« Tu triches quand tu es le seul à le faire » - Pascal Hervé

Pascal Hervé est un ancien cycliste professionnel. Correction : Pascal Hervé est un ancien cycliste professionnel dopé.

L'histoire remonte au Tour de France 1998. À la frontière franco-belge, un soigneur de l'équipe Festina-Lotus se fait contrôler son véhicule par les douaniers et ces derniers y découvrent une grande quantité de produits dopants.

Le scandale Festina éclate au jour et la majorité des membres de l'équipe passent aux aveux, dont Pascal Hervé. La direction du Tour de France n'a d'autre choix que de les exclure de la compétition.

Cyclisme et dopage sont dès lors devenus des termes indissociables...

« À l'époque, c'était comme ça »

Dans les années 1990, la prise d'érythropoïétine (EPO) était pratique commune pour les cyclistes. C'est simple : elle était indétectable à l'époque.

« C'était interdit, mais tu pouvais en prendre, explique l'ancien cycliste. C'était assez tentant. »

Les cyclistes n'étaient d'ailleurs pas noyés dans la culpabilité.

« Tu n'as pas le sentiment d'avoir triché quand tu te dis que les autres font pareil.

« Tu fais ça parce que les autres le font, ajoute Harvey. Tu ne le fais pas parce que tu as un train d'avance sur les autres. Tu le fais pour rester au niveau des autres. »

Hervé croit toutefois que si l'on retirait les produits dopants du sport, le classement demeurerait le même au final.

Les médecins, ces dangers

« Le grand danger dans le sport professionnel, ce sont les médecins qui entourent les athlètes, soutient Hervé. Il y a de très bons médecins qui protègent la santé des sportifs. Mais, ce sont les médecins qui ont trouvé que l'EPO était bonne pour les cyclistes. »

Cependant, Hervé ne leur attribut pas l'entière responsabilité.

« On ne t'oblige pas. Personne ne te met le pistolet sur la tempe. Chacun est libre de faire ce qu'il veut. Mais quand tu es jeune et que tu veux rester en haut de l'affiche, tu prends le chemin détourné. »

Et les dangers pour la santé?

« Non, à 20-25 ans, tu ne penses pas à ça. Tu n'as peur de rien. »

Armstrong le meneur

Pascal Hervé n'excuse pas Lance Armstrong, mais il se demande pourquoi le cycliste américain est davantage réprimandé que ses coéquipiers.

« (Tyler) Hamilton a fait la même chose que lui... Armstrong a partagé son médecin à Hamilton, à (Floyd) Landis. Il leur a fait gagner de l'argent. »

Il avoue par contre que l'influence d'un meneur comme Armstrong pèse lourd dans la balance.

« Quand un leader marche, il te sublime. Il t'oblige à aller plus loin dans la souffrance. En ce sens, il tire les autres vers le haut, dans une mauvaise direction... mais il ne les a pas obligés. »

Hervé ne se fait pas d'illusion, le dopage est là pour rester. Alors quel message lance-t-il aux jeunes?

« Faites du vélo. Faites-le correctement, proprement. Malheureusement, il y aura toujours la suspicion... »