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17/03/2013 07:57 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

L'aide militaire canadienne bienvenue en Colombie, dit l'ambassadeur

OTTAWA - Le plan du gouvernement fédéral de vendre du matériel militaire à la Colombie aidera à stabiliser davantage le pays et contribuera à faire croître son économie, selon l'ambassadeur colombien au Canada.

Un avis administratif publié en janvier indiquait que le ministre des Affaires étrangères John Baird recommandait de modifier la liste des pays désignés pour les armes automatiques pour créer «de nouveaux débouchés» pour les compagnies canadiennes qui voudraient vendre des fusils d'assaut ou des véhicules blindés à la Colombie.

Le bureau du ministre Baird a plus tard expliqué que la liste avait été modifiée pour permettre la vente de véhicules blindés de transport de troupes à l'armée colombienne.

La Colombie tente de mettre formellement fin à sa guerre civile, qui dure depuis 49 ans, par des négociations avec des rebelles de gauche.

Lors d'une récente entrevue, l'ambassadeur colombien Nicolas Lloreda a fait valoir que son pays avait bénéficié de l'appui militaire qu'il reçoit des États-Unis depuis la fin des années 1990 pour combattre les trafiquants de drogue et éradiquer les champs de coca.

Selon lui, la Colombie est «beaucoup plus sécuritaire», et l'économie colombienne prospère en grande partie parce que la pays a pu professionnaliser ses forces armées.

«Le gouvernement du Canada s'est montré intéressé à faire quelque chose de similaire, à beaucoup plus petite échelle, et c'est ce que nous explorons en ce moment», a indiqué l'ambassadeur.

Un expert en prévention des conflits basé en Colombie, Javier Ciurlizza du International Crisis Group à Bogota, a toutefois noté que même s'il n'a rien de mal intrinsèquement à vendre des armes à l'armée colombienne, le Canada devrait insister qu'un contrôle des droits de la personne accompagne une éventuelle vente de fusils d'assaut ou de véhicules blindés à la Colombie.

Il a fait valoir qu'avec la Colombie actuellement impliquée dans des pourparlers de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), il y avait des implications sérieuses en matière de droits humains avec la vente de matériel à l'armée colombienne.

«Nous voulons de la surveillance, nous voulons des vérifications, nous voulons un dialogue qui permettra, dans ce cas-ci, au Canada, de participer à une sorte de supervision de ce qui ce passe avec les violations des droits de la personne», a-t-il expliqué disant que ces vérifications permettront de s'assurer que les armes vendues «ne serviront pas à tuer des paysans innocents dans la jungle.»

Le Canada a un traité de libre-échange avec la Colombie qui a été critique par certains qui affirmaient qu'il ne donnait pas assez de considération aux questions des droits de la personne. Les deux pays ont aussi une entente de coopération militaire.

Le site Internet du ministère des Affaires étrangères indique que cette entente de coopération militaire exposera les forces colombiennes aux «valeurs canadiennes, y compris la nécessité d’incorporer et de promouvoir le respect des droits de la personne dans le cadre de l’instruction militaire élémentaire et dans les lignes directrices pour les opérations».