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17/03/2013 06:01 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

JO-2020 - Après Tokyo, Madrid passe à la loupe du CIO

Après Tokyo, Madrid, l'outsider dans la course aux jeux Olympiques 2020, reçoit à partir de lundi la visite de la commission d'évaluation du CIO, à qui elle entend prouver que sa candidature est crédible malgré une crise économique tenace.

A la différence de l'Italie, qui avait choisi de stopper la candidature de Rome, les autorités espagnoles continuent ainsi de croire à leur projet de Madrid-2020.

Après les deux essais infructueux de 2012 et 2016, la maire de Madrid Ana Botella ou le président du Comité olympique espagnol Alejandro Blanco ont bon espoir que la troisième tentative sera la bonne.

Pour défendre leur dossier, les responsables du projet font notamment valoir que les retombées économiques espérées compenseraient largement les investissements, par ailleurs décrits comme "mesurés".

L'équipe a ainsi plusieurs fois pris l'exemple de Londres-2012 pour arguer des effets positifs de ce type d'événement, évoquant les 50.000 emplois que les Jeux auraient créés en Angleterre.

Parallèlement, les autorités espagnoles insistent sur le fait que 28 des 35 installations sportives du projet existent déjà. Au total, l'effort public supplémentaire est donc estimé à 1,7 milliard d'euros.

Cette somme ne serait toutefois déboursée qu'à partir de septembre 2013, si Madrid était effectivement choisie comme ville-hôte, devant Tokyo et Istanbul.

Opinion publique partagée

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Dans une Espagne saignée par la crise économique, avec notamment un taux de chômage de 26%, les responsables du projet doivent en effet user de pédagogie pour convaincre une opinion publique partagée.

Alors que les coupes budgétaires dans le domaine de la santé et de l'éducation redoublent, une part non négligeable d'Espagnols considère que cette candidature n'est pas une priorité. Dans les visites du CIO aux installations, il se pourrait ainsi que le Britannique Craig Reedie et son équipe tombent sur des manifestations contre l'événement.

La deuxième grande faiblesse du projet olympique madrilène est la piètre image de l'Espagne dans la lutte contre le dopage.

La visite du CIO, de lundi à jeudi, coïncidera d'ailleurs avec la fin du procès de l'affaire de dopage Puerto qui a, pour l'instant, déçu les attentes: incertitude sur le verdict final concernant le docteur Fuentes, principal accusé, et absence de révélations de nouveaux noms de sportifs impliqués dans le réseau de dopage.

Le président du Comité international olympique (CIO) Jacques Rogge a lui-même jugé que le bilan de ce procès était "très frustrant" dimanche dans une interview au quotidien espagnol El Mundo.

Il a par ailleurs qualifié de "très bonne" la nouvelle loi antidopage adoptée début mars le Conseil des ministres, qui doit harmoniser la législation espagnole avec le Code mondial antidopage, tout en estimant qu'elle "aurait dû être approuvée il y a des années".

Face à Tokyo, auquel le CIO a déjà rendu visite, et Istanbul, portée par un grand soutien populaire, Madrid, en dépit de ses atouts, apparaît donc plutôt comme un outsider, mais un outsider croyant en ses chances.

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