NOUVELLES
17/03/2013 06:55 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

Israël: Moshé Yaalon, un spécialiste des coups d'éclat à la Défense

Le nouveau ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon fait figure de faucon, pour son opposition publique au retrait israélien de Gaza en 2005, ou à tout gel de la colonisation, mais se montre plus circonspect sur le programme nucléaire iranien.

Agé de 62 ans, cet ancien chef d'état-major au physique massif, à l'élocution lente et au visage austère ambitionnait d'obtenir la Défense depuis son entrée en politique en 2008 au Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu qui l'avait à l'époque présenté comme le "premier soldat d'Israël".

Il lui a fallu toutefois patienter pour réaliser son rêve, se contentant dans le précédent gouvernement d'un titre de vice-Premier ministre chargé des Affaires stratégiques.

Fils d'un ouvrier d'origine ukrainienne, Moshé Yaalon a vécu dans un kibboutz et milité au Parti travailliste dans sa jeunesse, avant d'adopter des positions plus à droite.

Officier parachutiste, il dirige en 1988 les commandos de l'état-major, l'unité la plus prestigieuse de l'armée, participant directement à l'assassinat du numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Abou Jihad, en 1988 à Tunis.

Nommé général en 1995, il a dirigé les services de renseignements puis les commandements Nord et Centre avant de devenir chef d'état-major en 2002.

Pendant la deuxième Intifada (2000-2005), il se forge une image de "dur", au premier rang de la répression contre les Palestiniens. En 2002, il n'hésite pas à traiter les Palestiniens de "cancer".

Sa carrière militaire se termine brutalement en 2005 quand il s'oppose au retrait unilatéral de la bande de Gaza décidé par le premier ministre Ariel Sharon. Il se voit sèchement refuser par Shaul Mofaz, alors ministre de la Défense, une prolongation d'un an de son mandat, qu'il est coutume d'accorder à un chef d'état-major.

Elu député sur la liste du Likoud en 2009, il se range dans le camp des faucons du parti, au point que le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu est contraint très rapidement de le rappeler à l'ordre.

"Je n'ai pas peur des Américains, mais dans le gouvernement il y en a qui ont peur d'Obama. Il faut dire: +Ca suffit+!", lance-t-il pour dénoncer les pressions du président américain en faveur d'un gel de la colonisation. Pour éviter une crise avec Barack Obama, le bureau de M. Netanyahu le désavoue.

Sur la question des colonies sauvages également, Moshé Yaalon a fait entendre sa différence en s'opposant à leur démantèlement. Pour lui, les "juifs peuvent et doivent s'installer dans tout Eretz Israël (Israël dans ses frontières bibliques) pour l'éternité". Il avait joint le geste à la parole en rendant une visite de solidarité à des colonies non autorisées par le gouvernement.

En 2009, il s'en prend au mouvement anti-colonisation La Paix Maintenant, en le qualifiant de "virus".

Il s'était également opposé en 2011 à l'accord d'échange avec le Hamas, qui a permis la libération du soldat israélien Gilad Shalit, détenu à Gaza par le mouvement islamiste, contre 1.027 Palestiniens.

Plus modéré sur la question du programme nucléaire de Téhéran, il recommande d'"exercer des sanctions aggravées, économiques, politiques ou autres contre l'Iran, et se réserver l'option militaire".

"Mais le fait est que la diplomatie ne fonctionne pas, et que les sanctions n'ont pas l'effet escompté puisque l'Iran poursuit son programme nucléaire", déplore-t-il en 2012, après avoir indiqué qu'entre "la bombe (iranienne) et le bombardement (israélien)", il préférait la seconde option.

A l'approche des élections du 22 janvier, Moshé Yaalon avait adopté un profil bas en se rapprochant de Benjamin Netanyahu, au moment où son grand rival Ehud Barak, ministre de la Défense depuis plus de cinq ans, annonçait en novembre son retrait de la vie politique.

jlr/mib/sst/agr/cnp