NOUVELLES
17/03/2013 01:18 EDT | Actualisé 17/05/2013 05:12 EDT

Aden: manifestation d'autonomistes yéménites contre le dialogue national

Plusieurs milliers d'autonomistes sudistes ont manifesté dimanche soir à Aden, dans le sud du Yémen, contre le dialogue national destiné à doter le pays d'une nouvelle Constitution avant des élections générales et qui s'ouvre lundi à Sanaa.

Les manifestants, venus de l'ensemble du sud du Yémen, ont brandi les drapeaux de l'ancienne république sudiste qui était un Etat indépendant avant sa fusion avec le nord en 1990 et des banderoles proclamant "Pas de dialogue sous occupation" ou "L'indépendance est notre choix".

La foule a répondu aux appels de la fraction dure du Mouvement sudiste qui revendique la fin de l'union et le retour à un Etat indépendant dans le sud.

"On est là par milliers pour dire notre rejet du dialogue qui est une affaire de nordistes et ceux qui y participent parmi les sudistes ne représentent pas le peuple", a déclaré à l'AFP l'un des activistes sudistes, Khaled Jounaïdi.

Des centaines de manifestants, conduits par Hassan Baoum, un influent leader sudiste sont entrés sur la place des parades en dépit d'une interdiction des autorités et en vertu d'un accord avec les forces de l'ordre.

Les policiers présents ont été redéployés pour protéger des bâtiments publics et des consulats étrangers, selon une source de sécurité. La manifestation s'est achevée dans le calme.

Moukalla, capitale de la province de Chabwa (sud-est) a connu également une manifestation contre le dialogue national, selon des activistes sudistes.

Prévu initialement en novembre, le dialogue a été retardé en raison des réserves des sudistes, dont certains ont fini par accepter d'y participer.

Outre M. Baoum et le groupe de l'ancien vice-président Ali Salem al-Baïd, le Conseil national des habitants du Sud de Haïdar Abou Bakr al-Attas, un ex-Premier ministre qui vit en exil aux Emirats arabes unis, et la coalition nationale démocratique de Khaled Ba-Haroun, boycottent le dialogue.

Au total, 565 délégués représentant les partis politiques, le sud du pays, la rébellion nordiste chiite et les composantes de la société civile doivent prendre part à ce dialogue qui doit durer six mois.

Il doit élaborer une nouvelle Constitution et préparer pour février 2014 des élections générales, à la fin d'une période de transition de deux ans qui a commencé avec le départ en février 2012, sous la pression de la rue, de l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

faw/mh/sw