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16/03/2013 05:19 EDT | Actualisé 16/05/2013 05:12 EDT

Selon Paris, la discrétion est de mise pour protéger les otages au Nigeria

ABUJA, Nigeria - La France adopte une approche «discrète et déterminée» pour sauver la vie des huit otages français kidnappés par des groupes extrémistes au Nigeria et aux alentours de ce pays, a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, samedi.

En voyage en Afrique occidentale, M. Fabius a refusé de donner des détails sur la prise d'otages, précisant que la discrétion était nécessaire pour assurer leur liberté, particulièrement en raison du fait que de jeunes enfants sont impliqués. Le plus jeune otage aurait moins de 5 ans, a-t-il dit.

Une vidéo mise en ligne sur YouTube, il y a trois semaines, montre des hommes armés détenant une famille française de trois adultes et quatre enfants enlevés à l'extérieur d'un parc national de l'extrême-nord du Cameroun, le 19 février. Les ravisseurs ont dit appartenir à la secte islamiste extrémiste Boko Haram, qui mène une campagne d'attentats à la bombe et de fusillades à travers le nord du Nigeria. Les autorités estiment que les otages ont été emmenés au Nigeria après leur capture au Cameroun.

Deux mois plus tôt, plus de 30 assaillants ont kidnappé un ingénieur français dans sa maison lors d'un raid où deux Nigérians ont été tués, dans une ville tranquille du nord majoritairement musulman du pays, où il travaillait à un projet d'énergie renouvelable pour la société française Vergnet.

Il s'agit du premier kidnapping au Nigeria qui serait lié à l'intervention militaire française au Mali. D'autres otages français ont été kidnappés ailleurs dans la région avant même que Paris ne lance son offensive au Mali pour aider ce pays à se débarrasser des extrémistes ayant imposé la loi islamique dans le Nord.

Le ministre nigérian des Affaires étrangères, lugbenga Ashiru, a remercié la France pour son «intervention décisive» au Mali lors de la conférence de presse à Abuja, samedi. «Si les Français n'avaient pas agi comme il l'ont fait à ce moment-là, le Mali serait devenu aujourd'hui une nation terroriste, et si cela se produit, l'objectif serait de déstabiliser la sous-région.»

La visite du ministre Fabius survient quelques jours après que des diplomates européens eurent déclaré que sept travailleurs étrangers kidnappés le 16 février dans le nord du Nigeria avaient été exécutés par leurs geôliers. Le gouvernement nigérian n'a cependant pas commenté les meurtres, qui ont alimenté les craintes envers la détermination des extrémistes à exécuter leurs captifs dans un pays mieux connu pour ses enlèvements permettant d'obtenir des rançons rapides.

Le groupe d'otages était composé de deux Libanais, d'un Britannique, d'un Grec, d'un Italien, et de deux personnes dont la nationalité serait désormais syrienne. L'enlèvement et les meurtres subséquents ont été revendiqués par Ansaru, un groupe issu de Boko Haram.

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