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16/03/2013 06:45 EDT | Actualisé 16/05/2013 05:12 EDT

Le Liban doit juguler le flot de combattants vers la Syrie (président)

Le Liban doit empêcher les combattants de franchir la frontière pour entrer en Syrie, a affirmé son président Michel Sleimane, après les menaces de Damas de riposter en cas de poursuite des infiltrations.

Peu après, la publication samedi par la présidence à Beyrouth des déclarations faites la veille devant la communauté libanaise lors d'une visite officielle en Côte d'Ivoire, des témoins ont affirmé avoir vu un renforcement des troupes syriennes le long de la frontière avec le Liban.

Pour le président Sleimane, la stabilité du Liban est l'affaire "de nous tous... Il ne faut pas envoyer des militants en Syrie et ne pas en recevoir (...) Nous devons maintenir notre neutralité", dans le conflit syrien.

Il a souligné avoir donné l'ordre à l'armée libanaise "d'arrêter tout homme armé ayant l'intention (d'aller) combattre (en Syrie) qu'il appartienne à l'opposition ou pas".

Des jeunes sunnites libanais ont cherché à rejoindre les rebelles syriens alors que l'opposition accuse le mouvement chiite libanais Hezbollah, un allié du président Bachar al-Assad, de prêter main forte aux forces du régime.

Le bureau du Premier ministre a indiqué que Najib Mikati s'est entretenu avec le chef de l'armée "des mesures prises par les militaires libanais (...) sur la frontière avec la Syrie pour prévenir les infiltrations des militants et les opérations de contrebande d'armes".

Jeudi, le ministère syrien des Affaires étrangères a menacé de frapper en territoire libanais les "bandes armées" passant clandestinement en Syrie.

"Les forces syriennes font preuve de retenue en ne frappant pas ces bandes à l'intérieur du territoire libanais (...) mais cela ne durera pas indéfiniment", a-t-il averti dans une lettre aux Affaires étrangères libanaises.

L'armée syrienne a tiré durant le conflit sur des zones frontalières au Liban, mais c'est la première fois que la Syrie menace officiellement et publiquement de frapper son petit voisin libanais, divisé entre partisans et adversaires du régime Assad.

Sous couvert de l'anonymat, un haut responsable libanais a affirmé samedi à l'AFP que le gouvernement prenait la mise en garde "très sérieusement", ajoutant que "des consultations intensives sont en cours pour trouver le meilleur moyen pour protéger la frontière".

L'opposition libanaise, hostile au régime Assad, a appelé au déploiement de l'armée le long de la frontière pour empêcher le passage d'armes et de combattants et pour protéger le territoire libanais.

Le Liban a adopté une politique de "distanciation" vis-à-vis du conflit chez son voisin et ancienne force tutélaire.

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