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16/03/2013 06:49 EDT | Actualisé 16/05/2013 05:12 EDT

GP d'Australie: au grand bal de la F1, les pilotes payants valsent souvent

Les pilotes payants ont beaucoup valsé cet hiver, au grand bal des écuries de Formule 1, jusqu'à ce Grand Prix d'Australie, dimanche à Melbourne, où cinq débutants, plus jeunes, prendront le départ à la place de cinq autres pilotes, moins riches.

Le plus capé des cinq licenciés économiques, l'Allemand Timo Glock (ex-Toyota et Marussia), 31 ans lundi, s'est recasé depuis chez BMW en DTM, le fameux Championnat d'Allemagne des voitures de tourisme, mais l'excellent Finlandais Heikki Kovalainen (ex-Renault, McLaren et Caterham), 31 ans lui aussi, vainqueur du Grand Prix de Hongrie 2008 dans une McLaren, n'a rien trouvé.

Kamui Kobayashi (ex-Sauber), 26 ans, et Bruno Senna (ex-Lotus et Williams), 29 ans, ont opté pour l'endurance, le premier chez Ferrari et le deuxième chez Aston Martin. Le Japonais avait pourtant trouvé huit millions d'euros pour continuer en F1, grâce à une souscription sur internet.

Le neveu de feu Ayrton, triple champion du monde de F1, avait peut-être 12 millions d'euros dans sa valise, en plus de son nom fameux, mais ça n'a pas suffi non plus.

Ils se retrouveront donc dans la catégorie GT, sans pouvoir espérer une victoire au classement général d'une manche du Championnat du monde d'endurance (WEC). C'est pire pour Vitaly Petrov (ex-Lotus et Caterham), le Russe de 28 ans qui comptait sur le futur Grand Prix de Sotchi, promis et voulu par Vladimir Poutine, pour sauver sa place jusqu'en 2014. Il envisage même de faire du rallye.

Quand les partenaires ne tiennent pas leurs promesses, les écuries vont voir ailleurs, quitte à faire une remise sur le prix du baquet. C'est la loi du marché, parfaitement maîtrisée par les maîtres de la F1.

Déjà agent du Brésilien Felipe Massa et du Vénézuélien Pastor Maldonado, Nicolas Todt a réussi in extremis à placer le Français Jules Bianchi chez Marussia, après avoir longtemps lorgné un baquet chez Force India. "Quand on ne peut pas manger de pâtes aux truffes, il faut savoir se contenter de pâtes au beurre", a résumé avec humour le fils du président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA).

Pour devenir pilote de F1 en 2013, la plupart des candidats auront déboursé, ou promis de débourser, plusieurs millions d'euros. Le record a été établi en 2011 par Maldonado et PDVSA, le géant public du pétrole vénézuélien: de 20 à 30 millions d'euros par an, un montant croissant sur toute la durée du contrat avec Williams F1. De quoi payer aussi cette année le baquet du Finlandais Valtteri Bottas, rapide mais sans le sou.

Les Latino-Américains ont toujours adoré la F1 alors le Mexicain Carlos Slim, homme le plus riche du monde, a d'abord permis à Sergio Pérez d'y accéder, puis d'y briller (3 podiums en 2012 chez Sauber). "Checo" parti chez McLaren, il l'a remplacé par Esteban Gutierrez, grand rival du Britannique Max Chilton, 21 ans comme lui, pour le titre officieux de pilote le plus riche du monde.

Papa Chilton a fait fortune dans l'assurance, il veut faire plaisir à ses fils, alors Max va faire de la F1, chez Marussia, pendant que Tom disputera le Mondial des voitures de tourisme (WTCC) dans une Chevrolet. L'avantage de Max c'est qu'il aura ensuite un joli label, "ex-pilote de F1", à faire fructifier dans sa vie d'homme. Un peu comme une assurance-vie.

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