Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Des conservateurs pour réviser les demandes d'assurance-emploi?

La composition du nouveau tribunal de la sécurité sociale, créé dans la foulée de la controversée réforme de l'assurance-emploi, suscite l'inquiétude. Il pourrait bien être majoritairement d'allégeance conservatrice.

Le nouveau tribunal, qui entrera en fonction le 1er avril prochain, sera chargé de réviser les demandes des demandeurs d'assurance-emploi.

Il remplacera les anciens conseils arbitraux, qui étaient composés de trois personnes: un représentant syndical, un autre des employeurs et un juge nommé par le gouvernement.

Dorénavant, une seule personne sera chargée de réviser les demandes. Le gouvernement fédéral a fait connaître, cette semaine, les noms des 33 nouveaux commissaires. Or, une grande majorité d'entre eux sont issus du clan conservateur.

« Sur les huit Québécois nommés sur les 33, quatre ont été candidats conservateurs, une autre est une donatrice du parti conservateur », note Pierre Céré, du Conseil national des chômeurs. « Un autre a été candidat à l'ADQ et a aussi des accointances avec le Parti conservateur. »

Même son de cloche ailleurs au Canada, où plusieurs commissaires seraient issus de l'ancien Parti réformiste.

« C'est eux qui vont juger de la demande du futur prestataire et ils vont juger unilatéralement », estime Anne-Marie Day, porte-parole de l'opposition officielle en matière de Travail, à la Chambre des communes. « Les personnes vont être soumises à des refus majoritaires », croit-elle.

L'inquiétude est d'autant plus grande que le gouvernement Harper a fait savoir qu'il comptait accélérer le traitement des demandes. De plus, il n'y aura désormais qu'une quarantaine de personnes pour traiter des dossiers des demandeurs de prestations d'assurance-emploi à travers le pays.

Un reportage de Marie-France Abastado

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.