NOUVELLES
15/03/2013 01:38 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

USA: la poussée des prix de l'essence fragilise la reprise économique

La poussée des prix de l'essence fragilise la reprise économique aux Etats-Unis, à l'heure où celle-ci pâtit déjà de la rigueur budgétaire.

Le département du Travail américain a annoncé vendredi que l'indice national des prix à la consommation avait connu en février sa hausse la plus forte en plus de trois ans et demi, avec un bond de 0,7% sur un an en février.

Selon les chiffres du gouvernement, la hausse des prix de l'essence a assuré à elle seule les trois quarts de la progression de l'indice.

L'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) reste néanmoins contenue, et la hausse de l'indice général des prix sur un an, à 2,0%, est conforme à l'objectif de la banque centrale (Fed).

Malgré cela la hausse des prix rogne le pouvoir d'achat des ménages, et le renchérissement de l'essence a, proportionnellement, sur les consommateurs des effets psychologiques bien supérieurs à la part, relativement minime, que représentent les carburants dans le panier des ménages.

Selon l'association d'automobilistes AAA, le prix moyen du gallon d'essence (environ 4 litres) a progressé de façon spectaculaire en février dans le pays pour atteindre un record, à 3,65 dollars.

Publié vendredi, le résultat préliminaire de l'étude mensuelle de l'Université du Michigan sur la confiance des consommateurs américains a montré une chute du moral des ménages à son niveau le plus bas depuis décembre 2011.

"Les consommateurs sentent les effets douloureux du renchérissement de l'essence et de la compression des salaires" provoquée par la hausse des cotisations sociales salariales entrée en vigueur début janvier, note Mei Li, économiste pour FTN Financial.

"Par conséquent, ajoute-t-elle, leurs dépenses pourraient bientôt ralentir, ce qui se fera sentir sur l'économie dans la mesure où la consommation représente 70% du PIB. De plus, la restriction des dépenses publiques" entamée en mars pourrait "aggraver leurs inquiétudes relatives à l'évolution de l'emploi, et même les records de la Bourse de New York ne semblent pas pouvoir les rassurer".

Son confrère Chris Christopher, du cabinet IHS Global Insight, explique la chute du moral des ménages par les mêmes facteurs.

Selon lui néanmoins, la confiance devrait revenir progressivement, notamment avec la décrue attendue des prix de l'essence, la poursuite prévisible du redressement du marché du logement et la vigueur de la Bourse.

"Cependant, ajoute-t-il, si les chamailleries politiques s'intensifient" sur la question toujours non résolue des mesures à prendre pour faire baisser la dette et sur le financement, à court terme, de l'Etat fédéral, "alors tous les paris seront permis et l'humeur des consommateurs pourrait retomber à des niveaux dignes d'une récession".

Pour l'instant, les analystes estiment que la croissance économique devrait rebondir au premier trimestre après avoir quasi stagné d'octobre à décembre. Mais elle n'a encore rien de très vigoureux et nombre d'économistes estiment que la rigueur budgétaire devrait nuire fortement au pays en 2013.

Les hausses d'impôts et restrictions budgétaires sont le résultat de l'incapacité du gouvernement du président Barack Obama et de l'opposition républicaine à s'entendre sur les moyens d'enrayer la montée de l'endettement du pays.

Pour Ellen Zentner, de la maison de courtage Nomura, c'est finalement cette impéritie politique qui inquiète les Américains, bien plus que la hausse de l'essence, largement perçue comme passagère.

mj/bdx