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15/03/2013 01:53 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Étude: le traitement Zamboni sans effet pour soulager la sclérose en plaques

TORONTO - Une étude clinique portant sur le traitement du professeur Zamboni contre la sclérose en plaques a révélé que cette intervention médicale ne soulageait pas les symptômes de la maladie — et que, dans certains cas, elle empirait même l'état des patients.

L'étude de l'Université de Buffalo, menée auprès de 30 patients atteints de sclérose en plaques, a conclu que bien que le traitement était sécuritaire et ne provoquait pas de réactions négatives importantes, il n'offrait pas non plus d'amélioration à long terme.

Le traitement implique le déblocage de veines du cou et du torse pour améliorer le flot sanguin. Le chirurgien vasculaire italien Paulo Zamboni a suggéré en 2009 que la sclérose en plaques pouvait être due à une maladie appelée insuffisance veineuse céphalorachidienne (IVC). Il proposait de débloquer ces veines en recourant à l'angioplastie, la même procédure utilisée pour dégager des artères coronariennes, afin de réduire les symptômes de la maladie, voire la guérir complètement.

Depuis, des milliers de Canadiens souffrant de sclérose en plaques ont décidé d'aller subir cette intervention, non médicalement prouvée, dans des cliniques en Pologne, en Bulgarie, en Inde, au Mexique, et dans une moindre mesure aux États-Unis.

Le traitement n'est pas offert au Canada; une étude clinique financée par le gouvernement fédéral recrute actuellement des volontaires.

Le neurochirurgien Adnan Siddiqui, principal responsable de l'étude américaine, affirme que des patients ne devraient que s'engager dans des études cliniques sur cette procédure, plutôt que de payer pour l'obtenir dans des cliniques qui offrent ce service.

«Ce que nous avons trouvé était passablement surprenant et inattendu, a dit le docteur Siddiqui. En fait, ce fut l'inverse de ce nous nous attendions à trouver: l'étude a démontré que le traitement des veines bloquées n'avait pas d'effet chez les gens souffrant de sclérose en plaques.»

L'étude de Buffalo visait à établir le niveau de risque associé à une angioplastie veineuse pour les patients atteints de sclérose en plaques, ainsi que son efficacité en comparant des sujets ayant subi l'intervention et ceux ayant subi un traitement placebo.

Les 10 premiers patients ont reçu le traitement, puis, dans une deuxième phase comptant 20 patients de plus, la moitié ont subi l'intervention, tandis que les autres recevaient plutôt un traitement sans effet. L'étude était menée à l'aveugle.

Les conclusions portent à croire qu'«il n'y a sans doute aucun avantage ni aucun inconvénient à l'angioplastie veineuse», a déclaré vendredi M. Siddiqui. «Cependant, est-ce le dernier mot sur cette procédure? Absolument pas. Je crois qu'un plus grand échantillon de patients serait nécessaire pour vraiment démontrer le tout de façon définitive.»

Aux yeux du Dr Siddiqui, l'étude ne vient toutefois pas réduire à néant l'hypothèse que l'IVC ait un lien avec la sclérose en plaques, ou d'autres maladies neurologiques.

«Ce lien demeure extrêmement intéressant et nous continuons certainement de nous engager à évaluer le tout davantage, et à comprendre mieux [le phénomène]», a-t-il dit.

«Nos découvertes suggèrent simplement qu'au sein de notre cohorte de patients minutieusement sélectionnés, l'utilisation d'un ballon pour débloquer des veines n'a pas démontré de bienfaits, en plus de révéler certains risques lors d'un examen de résonance magnétique.»

Utiliser l'angioplastie n'est peut-être pas la bonne solution, suggère le médecin. «Je suis convaincu que cette intervention spécifique ne fonctionne pas pour cette maladie spécifique», précise-t-il.

«Nous aimerions donc prendre du recul et mieux comprendre la maladie, pour que nous puissions avoir une hypothèse beaucoup plus précise du genre d'intervention qui fonctionnerait pour ces patients.»