NOUVELLES
15/03/2013 08:43 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Syrie: l'UE est incapable de s'entendre sur l'armement des rebelles

BRUXELLES - Les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont été incapables, vendredi, de déterminer s'ils devraient ou non armer les rebelles syriens qui tentent de renverser le président Bachar el-Assad.

La France et le Grande-Bretagne se disent prêtes à fournir des armes aux insurgés tandis que d'autres pays demeurent farouchement opposés à une telle mesure, estimant qu'elle ne ferait qu'envenimer davantage le conflit.

Les 27 leaders des pays membres de l'UE n'ont pu en arriver à un consensus et ont demandé à leur ministre des Affaires étrangères, qui se rencontreront à la fin de la semaine prochaine à Dublin, en Irlande, de tenter de trouver un terrain d'entente.

Plusieurs puissances européennes craignent de donner naissance à une course aux armements dans la région ou de voir les armes tomber entre les mains de terroristes.

Mais selon le président français François Hollande, la coalition syrienne «doit avoir les moyens de défendre les régions qui ont été libérées». Le président Bachar el-Assad, a-t-il martelé, «commet des crimes contre sa propre population».

Le premier ministre britannique David Cameron abonde dans le même sens, même s'il dit privilégier une résolution politique à ce conflit sanglant.

«Je pense que nous pourrions voir plus de progrès sur le plan politique si l'on constatait que l'opposition syrienne, dont nous avons reconnu la légitimité et avec qui nous travaillons, représente une force de plus en plus crédible», a plaidé le dirigeant.

Parmi les opposants à la proposition franco-britannique figurent l'Allemagne.

«J'ai été très claire à l'effet que nous avons des réserves sur l'exportation d'armes à l'opposition, parce que nous nous demandons si nous n'allons par envenimer le conflit encore plus en faisant cela», a exposé la chancelière Angela Merkel.

L'Union européenne a adopté un embargo sur les ventes d'armes à la Syrie, qu'il s'agisse d'armes vendues aux rebelles ou au gouvernement. Paris et Londres font valoir que le régime Assad reçoit des armes de la Russie et de l'Iran, et prétendent que de fournir des armes aux insurgés pourrait inciter le gouvernement à négocier un règlement politique.

Par ailleurs, les autorités syriennes ont renforcé vendredi les mesures de sécurité en vigueur dans la capitale, Damas, au moment où les rebelles demandaient à leurs partisans de lancer de nouvelles attaques à l'occasion du deuxième anniversaire de l'insurrection.

Le soulèvement a éclaté en mars 2011 dans la ville de Daraa, dans le sud du pays. Le conflit aurait depuis fait quelque 70 000 victimes, selon l'ONU.

Certains groupes ont appelé vendredi à une recrudescence des attaques contre le régime. Le mouvement des Frères musulmans, qui est interdit, a demandé une «semaine d'actions», sans préciser davantage.

Du côté de Damas, un militant qui porte le nom d'Abou Qais a indiqué que les soldats gouvernementaux ont augmenté les patrouilles et multiplié les fouilles.

Le chef du Conseil militaire suprême, le principal groupe rebelle appuyé par l'Occident, a profité du deuxième anniversaire du soulèvement pour promettre de continuer les combats tant que le régime Assad n'aura pas été chassé. Le général Salim Idris a diffusé une vidéo dans laquelle il rappelle de nouveau que ses hommes manquent d'armes.

«Nous voulons d'une Syrie où chaque Syrien pourra vivre en paix et en liberté. C'est notre rêve, c'est pour cela que nous nous battons, a-t-il lancé. Je sais que notre combat n'est pas facile. Nous devons affronter des avions, des chars et des missiles énormes. Mais notre volonté est très puissante. Nous ne cesserons pas le combat tant que ce régime criminel ne sera pas tombé.»

Au Liban, des hommes armés ont incendié trois camions de carburant pour les empêcher de se rendre en Syrie. L'incident se serait produit vendredi dans la ville de Tripoli, dans le nord du pays, où les camions auraient été interceptés avant d'être incendiés.

La veille, le ministère syrien des Affaires étrangères avait envoyé au gouvernement libanais une lettre dans laquelle il dénonçait que des groupes armés aient tenté d'entrer en Syrie depuis le Liban au cours des 36 dernières heures, provoquant des accrochages avec les gardes-frontières. Damas a affirmé que les soldats syriens ont fait preuve de la plus grande retenue, mais que cela ne saurait durer.