NOUVELLES
15/03/2013 05:02 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Manitoba: des ministres du culte contre le projet de loi sur l'intimidation

WINNIPEG - D'autres leaders religieux se sont joints au mouvement d'opposition au projet de loi contre l'intimidation au Manitoba, affirmant que les écoles confessionnelles ne devraient pas être forcées d'accommoder des groupes qui militent en faveur de l'égalité pour les gais et les lesbiennes.

Dans une lettre envoyée au premier ministre Greg Selinger, le rabbin Avrohom Altein, de Winnipeg, indique que les juifs orthodoxes, à l'instar d'autres religions, respectent les textes bibliques rejetant l'homosexualité.

Selon M. Altein, empêcher un groupe religieux d'enseigner et de pratiquer selon ses croyances relèverait de l'intolérance.

Le projet de loi 18 vise à empêcher l'intimidation dans les écoles, en plus de promouvoir notamment l'égalité entre les sexes, les individus de toutes origines et les gens de diverses orientations sexuelles. Un article obligeant les écoles à permettre la création de groupes réunissant des homosexuels et des hétérosexuels a suscité le plus de critiques.

Le projet de loi a été dénoncé à Steinbach, une petite ville à forte population mennonite. Environ 1200 personnes ont participé à une récente rencontre de l'opposition au projet de loi.

Un projet similaire avait provoqué une controverse en Ontario en 2012: des leaders de l'Église catholique ont soutenu que leur liberté de religion était compromise. La loi a éventuellement été adoptée en juin.

La lettre de M. Altein a été rendue publique vendredi par le député conservateur Rod Bruinooge, en plus de missives écrites par des leaders musulmans, sikhs et coptes. Au dire du député, un «très vaste groupe de communautés religieuses» s'oppose au projet de loi.

Certains prêtres et pasteurs ont cependant publiquement apporté leur soutien au projet de loi.

La ministre de l'Éducation, Nancy Allan, a déclaré vendredi qu'elle ne reculerait pas. «Nous savons très bien que les jeunes ont besoin d'être protégés en cette matière. Nous savons très bien que les taux de dépression et de problèmes de maladie mentale sont plus élevés chez les jeunes homosexuels: ils parlent de suicide, ils sont harcelés et intimidés.»

Mme Allan a précisé qu'un groupe mêlant hétérosexuels et homosexuels n'était qu'un lieu où les élèves pouvaient discuter de leurs sentiments et recevoir un appui. «Vous ne faites qu'offrir un lieu où les jeunes peuvent discuter.»

Le rabbin Altein soutient cependant qu'un tel organisme serait l'équivalent d'un groupe réclamant de la nourriture non cachère dans les écoles.

«Ce ne serait pas approprié, pour un élève d'une école juive orthodoxe, de demander le droit de manger un repas comportant de la nourriture non cachère, comme du porc. Cela serait encore plus irrespectueux pour des élèves de former un groupe officiel, au sein d'une école religieuse juive, pour défendre le 'droit' de manger du porc.»

Une lettre d'Ismaël Mukhtar, président de l'Association islamique du Manitoba, mentionne que le projet de loi 18 «empiète sur notre droit de liberté de religion garanti par la Constitution».

Un comité législatif organisera ce printemps des audiences publiques sur le projet de loi.