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15/03/2013 07:39 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

La persévérance récompensée

Pas facile, le cheminement d'un joueur de hockey non repêché, de petite taille, qui doit constamment prouver sa valeur. Mais quand un athlète y parvient, il y a généralement des récompenses.

David Desharnais a atteint cette étape, jeudi soir, quand il a apposé sa signature au bas d'une entente de 4 ans et 14 millions de dollars avec le Canadien.

« Mon premier contrat, je m'étais dit : je me suis rendu. Mais là, c'est une autre grosse étape, a commenté Desharnais après l'entraînement de vendredi. C'est un plus long contrat, je fais partie du Canadien, je suis là pour quatre ans, on a une belle équipe, on a grandi ensemble et on aura la chance de répéter ici ce qu'on a fait en bas [dans la Ligue américaine]. Et on est premiers. C'est incroyable. »

Ce contrat marque donc l'aboutissement d'un long parcours qui a commencé à prendre forme en 2003-2004, quand le centre s'est joint aux Saguenéens de Chicoutimi. Malgré 2 saisons de 100 points de suite, aucune équipe de la LNH n'a cru bon repêcher ou même offrir un contrat à un « nain » de 1,70 m (5 pi 7 po), si ce n'est que d'un essai avec les Sound Tigers de Bridgeport (Ligue américaine) à la fin de la campagne 2006-2007.

La saison suivante, après un essai infructueux avec les Bulldogs de Hamilton, il a donc pris la direction de Cincinnati, dans la très glorieuse ECHL, où l'attendait un salaire annuel de 30 000 $.

« Tu pars de ta pension junior, qui fait ton lavage, te fait à manger, te met presque dans ton lit chaque soir, et tu pars à 15 heures de chez toi, tu t'occupes de tout, de ton lavage, ta bouffe, raconte-t-il. Tu fais presque moins d'argent qu'au junior. Tu parles plus ou moins la langue, tu ne connais personne. Tu te dis : est-ce vraiment ce que je veux faire?

« J'avais juste 20 ans. Je vais essayer un an. Ça a été une de mes années les plus importantes. »

Une récolte de 106 points lui avait alors valu le titre de meilleur marqueur de l'ECHL. Quelques mois plus tard, en novembre 2008, ses succès lui ont valu une entente avec le Canadien. Cinq ans après avoir pensé tout abandonner, voilà que sa sécurité financière est assurée pour la vie.

« Tout ce qui arrive à David, c'est amplement mérité, a rappelé l'entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien. Il a dominé partout, dans la ECHL, dans la Ligue américaine. Ça en dit beaucoup sur sa persévérance et son caractère. On veut bâtir avec de bonnes personnes et David est une maudite bonne personne. »

Le duo solidifié

En 27 matchs jusqu'ici cette saison, l'athlète de 26 ans a marqué 8 buts et a récolté 8 passes. Depuis quelques matchs, il forme un trio efficace avec Max Pacioretty et Brendan Gallagher.

L'an passé, Desharnais s'est établi comme un centre de premier plan au sein de l'unique trio productif du CH, en compagnie de Pacioretty et d'Erik Cole. Desharnais avait alors amassé 60 points en 81 matchs et avait permis à ses deux ailiers d'atteindre la marque des 30 buts.

Pacioretty, son éternel complice, était plus content que quiconque pour son coéquipier.

« Personne ne lui a rien donné, a dit l'Américain. Il a dû prouver qu'il était le meilleur joueur de son équipe et il l'a fait à tous les niveaux. Tout semblait contre lui, mais il y avait une raison : pour montrer sa résilience. Personne dans ce sport ne mérite autant ce contrat.

« Il est un élément essentiel de mes succès et il pense la même chose de moi. On sera ensemble longtemps et ça nous rend heureux. »

Desharnais (2017) et Pacioretty (2019) sont maintenant les deux attaquants soudés au Canadien pour la plus longue période.

Fierté solidaire

S'il y a deux individus qui comprennent ce que vit Desharnais, ce sont Francis Bouillon et Josh Gorges. À l'image du numéro 51, ils n'ont jamais été repêchés, et se sont tout de même établis dans la LNH.

« Il a eu un long cheminement pour se rendre où il est aujourd'hui, a rappelé Bouillon. Il a bûché dur dans la ECHL, la Ligue américaine, un peu comme moi. Aujourd'hui, c'est la cerise sur le sundae, on lui donne ce qu'il mérite. »

Gorges, lui, a vécu ce moment en février 2012, quand il a signé son premier contrat à long terme, une entente de 6 ans et 23 millions de dollars. S'il n'aime pas parler du terme « sécurité », il reconnaît qu'il s'agit d'un aboutissement.

« Tu peux te concentrer sur le hockey, te concentrer à être le meilleur, développer ton jeu, élever ton jeu au niveau suivant. Je n'aime pas le mot sécurité, car dès que tu sens que tu as quelque chose de stable, tu pars dans la mauvaise direction.

« David ne changera pas, car c'est un bon gars. Je pense à mon cas, je dois prouver ma valeur, prouver que je mérite ce contrat et que ma place est ici. L'obtenir est une chose, le justifier ensuite en est une autre. »