NOUVELLES
15/03/2013 05:20 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Italie - Palerme: le président "Mange-entraîneurs" s'est goinfré

Maurizio Zamparini, volcanique président de Palerme, a dévoré un quatrième technicien cette saison, fidèle à sa légende de "Mange-entraîneurs", mais n'empêche pas la dégringolade des Rose et Noirs vers la deuxième division.

Zamparini, 71 ans, visage buriné, cheveux gris et la bouche un peu de travers a choisi un cinquième entraîneur pour le match de la 29e journée de championnat, dimanche, et il ne lui a pas fait un cadeau: il faut affronter à San Siro l'AC Milan qui sort du 4-0 encaissé à Barcelone en Ligue des champions.

Après avoir remplacé en tout début de saison Giuseppe Sannino par Gian Piero Gasperini, Zamparini a limogé le deuxième pour appeler brièvement Alberto Malesani. Convaincu d'avoir fait le mauvais choix, il a rappelé "Gasp" avant de le remercier trois matches plus tard pour réinstaller sur le banc... Sannino!

Le gourmand mange-entraîneur repasse souvent les plats. Il a déjà chassé puis rappelé plusieurs fois Delio Rossi ou Francesco Guidolin. "A un moment il en a marre et il a besoin de changer", explique calmement Guidolin, qui brille aujourd'hui à l'Udinese.

Mais cette pratique trouve ses limites... Palerme est dernier, et s'enfonce après la défaite à domicile dimanche contre Sienne (2-1), qui a précipité la fin de "Gasp II".

"On n'arrivera pas à se sauver, soupire Zamparini, c'est de la folie d'y croire. Il nous faudrait l'aide de la providence et que nos joueurs, au lieu d'être des mollassons, soient des hommes."

Le total de ses changements de banc reste incertain et tous les médias italiens n'ont pas les mêmes chiffres. Le fait qu'il puisse rappeler un entraîneur plusieurs fois n'aide pas au décompte.

Selon certaines sources, le second licenciement de Gasp est son 50e, la Gazzetta dello sport en compte 36 en cours de saison, mais il y a tant de doublons comme Sannino et Gasperini en 2012-2013. Il a eu 43 entraîneurs différents, certains plusieurs fois.

Cet automne, le président avait pourtant promis que c'était fini. "Je le jure, je ne virerai pas Gasperini cette saison, et j'espère ne pas le licencier dans les prochaines années." Il l'a fait deux fois...

"Si je pense à tout ce que m'ont coûté ces licenciements je me flingue! Il y en a bien pour plus de 10 millions d'euros, c'est énorme, depuis 25 ans que je vire les gens... Ca me brise le coeur quand je pense qu'un ouvrier ne gagne pas un million dans toute sa vie..."

Président de Palerme depuis 2002, Zamparini avait auparavant remonté le club de Venise (1987-2002) de 4e en 1re division, et déjà beaucoup licencié d'entraîneurs. Parmi eux l'actuel sélectionneur national, Cesare Prandelli (2000-2001), remercié comme les autres.

"Zamparini est une personne extrêmement sympathique, si on ne parle pas de calcio", sourit "Prandè", toujours grand seigneur.

Entrepreneur prospère, Zamparini a touché un peu à tout, des centres commerciaux à l'immobilier, du tourisme à l'agriculture.

Avec sa fortune, il s'est acheté des clubs de football, une passion italienne, qui le dévore. Il a du mal à regarder un match de son équipe en entier et tourne autour du stade en voiture, suivant la partie à la radio!

Il a pourtant du flair pour les joueurs. Zamparini a déniché Edinson Cavani et Javier Pastore, bien vendus à Naples et au Paris SG.

Il s'est également engagé en politique en créant le "Mouvement pour les gens", et soutient Beppe Grillo, le trublion des élections italiennes qui dénonce l'incurie du système politique.

Zamparini s'était même vanté à l'antenne de ses nombreuses conquêtes féminines.

Bref, il a tout fait. Comme dit un de ses entraîneurs dévorés, Walter Zenga, "il finira par se licencier lui-même, c'est la dernière folie qui lui reste..."

eba/bm