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15/03/2013 07:33 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Environ 250 personnes arrêtées à la 17e manif contre la brutalité policière

MONTRÉAL - Près de 250 personnes ont été interpellées vendredi soir à Montréal lors de la manifestation contre la brutalité policière, un événement qui donne lieu à des affrontements entre la police et des manifestants depuis une quinzaine d'années.

Un important dispositif policier avait été déployé pour la manifestation et des agents — certains à cheval et d'autres portant boucliers et matraques — ont rapidement ordonné à la foule de se disperser. L'hélicoptère de la Sûreté du Québec pouvait être vu et entendu au centre-ville de Montréal.

La plupart des manifestants qui ont eu affaire à la police ont reçu un constat d'infraction pour attroupement illégal et pour avoir enfreint le règlement municipal P-6. Ce règlement stipule, notamment, que le trajet d'une manifestation doit être remis à l'avance aux policiers et qu'il est interdit de manifester le visage couvert, a précisé le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, tout en ajoutant que les fautifs recevront un constat d'infraction de 637 $.

D'autres manifestants ont été arrêtés pour des actes isolés et environ 12 personnes ont été appréhendées pour des infractions au code criminel. M. Lafrenière a cité la possession de matériel incendiaire, l'entrave au travail des policiers, des menaces, des voies de fait et des méfaits sur des véhicules de police comme les raisons de ces arrestations. Il a également indiqué que des balles de golf et des canifs avaient été trouvés lors de la manifestation.

Le SPVM avait déclaré la manifestation illégale peu après son lancement à l'heure de pointe. Le Collectif opposé à la brutalité policière, groupe organisateur de la manifestation, en avait donné le coup d'envoi à 17 h 00, tout près du quartier général de la police municipale.

Les policiers ont d'abord permis la marche en avertissant qu'aucune infraction ne serait tolérée, mais, peu de temps après, ils ont ordonné aux manifestants, qui étaient alors quelques centaines, de rentrer chez eux.

La majorité a obtempéré, et la manifestation s'est scindée en plusieurs petits groupes avant de prendre fin moins de trois heures après son coup d'envoi.

Deux groupes de personnes qui ont continué à marcher ont toutefois été encerclés par la police, un premier au coin des rues Sainte-Catherine et Sanguinet et l'autre, à l'angle de Sainte-Catherine et Hôtel-de-Ville, au centre-ville, a fait savoir le sergent Laurent Gingras, un autre porte-parole du SPVM.

Par ailleurs, des journalistes de La Presse Canadienne sur place n'ont remarqué aucun cas de vandalisme important.

La police a par ailleurs précisé que quatre manifestants avaient subi des blessures mineures et que deux policiers ont été conduits à l'hôpital au cours de la soirée. M. Gingras a expliqué qu'un agent a eu des dents cassées au début de la manifestation, et qu'une policière a plus tard été transportée par Urgences-Santé en raison d'un malaise.

La police avait averti que la circulation serait perturbée par la manifestation à l'heure de pointe, mais elle a précisé plus tard dans la soirée qu'il n'y avait pas eu de problèmes de circulation majeurs au centre-ville.

Les policiers du SPVM étaient appuyés par ceux de la Sûreté du Québec.

Des policiers des villes de Gatineau, d'Ottawa, de Laval, de London et de Toronto ont aussi assisté à la manifestation en tant qu'observateurs.

Des manifestants scandaient «police partout, justice nulle part», et au moins une personne portait une affiche qui faisait référence à la policière au numéro de matricule 728, devenue célèbre après avoir été filmée en train de poivrer des manifestants le printemps dernier.

Dominique Cyr, un étudiant qui prenait part à la marche, a décrit la police comme étant très agressive dès le début de la manifestation. Son amie Cynthia St-Germain a déploré qu'il y avait selon elle «plus de policiers que de manifestants».

Tous deux ont affirmé avoir participé à la manifestation en raison de la brutalité policière dont ils disent avoir été témoins lors des rassemblements étudiants du «printemps érable».

La police a agi rapidement pour disperser les foules. Au moins un groupe de touristes, à Montréal pour assister à un combat extrême, s'est fait ordonner de se déplacer de la façade de leur hôtel.

La manifestation contre la brutalité policière a fréquemment été ponctuée d'affrontements entre des manifestants et des agents de la paix montréalais et au fil des ans, plusieurs actes de saccage y ont été commis.

L'année dernière, près de 2000 personnes ont manifesté. Le SPVM avait procédé à une foule d'arrestations, au point où 226 personnes avaient été arrêtées. De plus, sept policiers et deux manifestants avaient été blessés.

Il y a deux ans, plus de 250 personnes avaient été arrêtées.