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15/03/2013 09:31 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Direction du PLQ : ultimes opérations de charme 

Les candidats à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) ne ménagent aucun effort pour s'assurer du soutien des délégués en vue du congrès de la fin de semaine. Rassemblements, fêtes, présentations vidéo, tous les moyens sont bons pour recueillir des appuis.

Au 28e étage de l'hôtel Delta, au centre-ville de Montréal, l'équipe de Philippe Couillard a réservé quelque 300 chambres, y compris les plus grandes suites.

« Ici, c'est la suite vice-présidentielle, Ville-Marie, avec vue sur le centre-ville. C'est une des suites qui va être utilisée ce week-end », explique Sylvain Pierre, du Delta centre-ville.

La veille du vote, tous les délégués seront invités à festoyer avec l'équipe de Philippe Couillard.
Deux fêtes auront lieu en parallèle, dont une spécialement pour les jeunes. Et la bière sera offerte à volonté!

« C'est comme nos invités, il faut bien les recevoir. Lorsqu'on reçoit quelqu'un chez nous, c'est important d'avoir un accueil à la hauteur des invités qu'on reçoit. Et c'est l'objectif qu'on s'active à faire au niveau de la campagne de M. Couillard », affirme Stéphane Billette, organisateur en chef de l'Équipe Philippe Couillard.

Au-delà des festivités, aucun effort ne sera ménagé pour plaire aux délégués. Transport, hébergement, repas : ceux qui se sont prononcés en faveur de Philippe Couillard seront choyés du début à la fin.

« Les mobiliser, je pense, c'est les entretenir, les occuper et c'est de cette manière-là qu'on va aller chercher le maximum de votes », souligne Stéphane Billette.

Mobiliser, c'est aussi le maître mot au sein de l'équipe Bachand, mais celle-ci ne prévoit pas
de grandes festivités en marge du congrès, à part un cocktail. Il faut dire que les finances sont plus serrées.

« Moi, je ne pense pas que c'est ce qui fait la différence, non plus si tu as un beau party qui va faire que tu vas consolider ton vote », indique Lise Thériault, présidente de campagne de l'Équipe Raymond Bachand.

« Tant qu'à engloutir une somme d'argent considérable pour faire un bar open, t'es aussi bien de prendre cet argent-là pis de payer des frais de délégation et des transports de délégués », ajoute-t-elle.

Pour s'assurer que tout le monde vote, on compte sur un système électronique qui permettra de savoir en temps réel qui est déjà allé voter. « Comme si moi dans Anjou, mes 24 délégués qui votent pour Raymond Bachand, je me rends compte qu'il y en a 3 qui n'ont pas voté, on va les trouver, on va les appeler sur leur cellulaire », dit Mme Thériault.

20 minutes sur scène pour convaincre

Pour convaincre, les candidats misent aussi sur les 20 minutes de scène qui leur seront imparties à tour de rôle le jour du vote. Et les stratégies varient.

En Ontario, le discours de celle qui est devenue première ministre, Kathleen Wynne, avait été précédé d'une chorégraphie lors du congrès qui l'a portée à la tête de son parti. Le camp Couillard n'ira pas aussi loin, mais promet d'offrir plus qu'un simple discours.

« Ce qui est important, c'est l'évolution technologique qu'on a eue, le visuel. Beaucoup d'accent va être mis sur le visuel, et, évidemment, s'assurer que M. Couillard livre un excellent discours comme d'habitude », note Stéphane Billette.

Dans le camp Bachand, il est prévu de présenter une vidéo, même si on se montre plus conservateur. « Moi, je pense que les 20 minutes de terrain de jeu doivent servir à la profondeur. À partir du moment où tu mets des jongleurs sur la scène, tu monopolises l'attention ailleurs que sur le discours », estime Lise Thériault.

Les différences de stratégie reflètent certes des différences de vision, mais aussi le profil contrasté des délégués des deux camps.

L'équipe de Pierre Moreau, pour sa part, n'a pas voulu participer à notre reportage, mais nous a précisé qu'elle organiserait une soirée hockey dans un restaurant du centre-ville.

Un reportage d'Hugo Lavallée