NOUVELLES
15/03/2013 03:37 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Cambodge: Washington demande l'accélération des procès des Khmers rouges

La diplomatie américaine a réagi vendredi à la mort de l'ancien dirigeant Khmer rouge, le Cambodgien Ieng Sary, en réclamant une accélération des procès des deux autres accusés octogénaires du régime totalitaire de Pol Pot.

"Les Etats-Unis continuent de soutenir le mandat (du tribunal international) afin de traduire en justice les hauts dirigeants Khmers rouges et les responsables des atrocités de cette époque", a déclaré à la presse la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

"La mort de Ieng Sary met simplement en lumière la nécessité d'un processus rapide et complet afin de boucler les procès de tous les dirigeants Khmers rouges", a ajouté la diplomate américaine.

Les appels se sont multipliés vendredi en faveur d'une reprise rapide des audiences du tribunal pour les Khmers rouges à Phnom Penh, après le décès jeudi de Ieng Sary, 87 ans, qui était jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l'homme au Cambodge, Surya Subedi, a lancé un appel à l'ONU, à la cour, au gouvernement et aux bailleurs pour qu'ensemble ils "réitèrent leurs engagements" à accélérer le procès.

Un appel d'autant plus pressant que le tribunal est au point mort. Il est paralysé depuis deux semaines par une grève des traducteurs, alors que les 270 employés cambodgiens de la cour n'ont pas été payés depuis novembre.

L'ancien ministre des Affaires étrangères Ieng Sary et co-fondateur du mouvement marxiste totalitaire comparaissait devant le tribunal international de Phnom Penh, parrainé par l'ONU, avec l'ancien chef de l'Etat Khieu Samphan, 81 ans, et le "frère numéro deux" et idéologue du régime, Nuon Chea, 86 ans.

Ieng Sary est mort sans avoir expliqué ni reconnu son rôle dans la machine qui a détruit un quart de la population du Cambodge en moins de quatre ans (1975-79), vidant les villes, supprimant la monnaie, la religion et l'éducation, et plongeant la société dans la terreur et la paranoïa.

nr/mdm