NOUVELLES
15/03/2013 11:52 EDT | Actualisé 15/05/2013 05:12 EDT

Au Congrès, la nouvelle méthode Obama encore peu fructueuse

Les visites au Congrès de Barack Obama cette semaine, sans précédent en quatre ans de pouvoir, peinent encore à porter leurs fruits, démocrates et républicains restant engagés dans leur affrontement budgétaire malgré l'approche de nouvelles échéances cruciales.

Trois visites en trois jours: le président des Etats-Unis a semblé tendre un rameau d'olivier aux élus du Congrès en effectuant une série de déplacements au Capitole, deux mois après que son porte-parole Jay Carney eut ironisé sur de tels gestes, dignes selon lui de la vision idéaliste du feuilleton télévisé "A la Maison Blanche".

Les adversaires républicains de M. Obama, maîtres de la Chambre des représentants, et ses alliés démocrates contrôlant le Sénat ne parviennent toujours pas à se mettre d'accord sur les grands équilibres du budget fédéral.

Ce blocage a déjà provoqué début mars une cure de rigueur automatique dont les effets se font sentir peu à peu dans les services publics, et menace, s'il se poursuit au delà de la date butoir du 27 mars, de se traduire par une fermeture généralisée des administrations "non essentielles".

Les trajets de M. Obama sur Pennsylvania Avenue, qui relie la Maison Blanche au Capitole, ont contrasté avec ses autres déplacements hors de Washington les semaines précédentes, proches sur la forme de sa campagne victorieuse de réélection à l'automne 2012.

Si la méthode a changé, les demandes du président restent les mêmes: il réclame toujours une lutte "équilibrée" contre les déficits, en taillant dans les dépenses mais aussi en augmentant les impôts des Américains les plus aisés.

Les républicains, quant à eux, dénoncent l'absence d'"équilibre" dans un budget qui ne prévoit pas de réduire totalement le déficit d'ici dix ans, comme le propose leur propre document voté cette semaine à la Chambre.

M. Obama dit ne pas vouloir "rechercher un budget équilibré à tout prix". "Mon but est de faire en sorte de faire croître l'économie, de remettre des gens au travail, et si nous faisons cela, nous augmenterons les recettes", a-t-il développé mardi sur la chaîne ABC.

M. Carney a énoncé l'objectif d'un déficit annuel "tenable" de moins de 3% du PIB, contre plus de 6% estimés pour l'exercice actuel.

De son côté, le président de la Chambre, John Boehner, a affirmé jeudi dans le Washington Post que "le problème est en grande partie que les démocrates refusent de faire des choix difficiles pour résoudre la crise de la dette", sous-entendu, s'attaquer aux dépenses sociales.

M. Boehner a aussi appelé M. Obama à "changer de priorités, en passant du charme au courage puis à l'action".

Outre le budget, M. Obama a aussi discuté avec les élus de ses autres priorités législatives comme la réforme de l'immigration et l'encadrement des armes à feu.

Mais l'objectif de l'"offensive de charme" de M. Obama au Congrès, après avoir été critiqué pour son absence d'efforts en direction des élus, était aussi de mieux se positionner dans l'opinion publique, remarque Kareem Crayton, professeur de sciences politiques à l'université de Caroline du Nord.

La cote de confiance de M. Obama mesurée par le sondeur Gallup a chuté de huit points depuis sa seconde prise de fonctions fin janvier, même si les satisfaits dépassent encore les mécontents. Elle semble avoir notamment souffert des coupes budgétaires, dont le président a tenté de présenter les républicains comme les seuls responsables.

"La forme a beaucoup d'effet sur la réalité à Washington. La seule manière de changer la façon dont l'histoire s'écrit est de montrer que vous faites des efforts" en direction de vos adversaires, explique M. Crayton à l'AFP.

"Plus le public verra le président s'efforcer d'établir des liens, plus grande sera la pression sur le Congrès pour faire quelque chose de son côté", dit-il. "Mais nous ne savons pas encore si ce sera efficace".

tq/jca