NOUVELLES
14/03/2013 12:23 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

USA: l'interdiction des armes d'assaut passe un obstacle, avant le mur

Trois mois exactement après la fusillade de l'école de Newtown, la proposition d'interdiction de fabrication et de vente des armes d'assaut a passé un obstacle important jeudi au Sénat américain, mais ses chances d'adoption finale par le Congrès restent très minces.

La commission de la Justice du Sénat, contrôlée par les démocrates, a approuvé jeudi à 10 voix contre 8 un texte qui interdirait dans tout le pays la fabrication, l'importation et la vente de fusils similaires à celui employé par lors de la tuerie survenue le 14 décembre dans l'école Sandy Hook, dans le Connecticut.

Actuellement, seuls 7 Etats et la capitale fédérale Washington interdisent ces armes.

Armé d'un fusil semi-automatique Bushmaster XM15, version civile d'un modèle militaire équipé de chargeurs de 30 balles, Adam Lanza a abattu le 14 décembre 20 enfants et 6 adultes. Il s'était suicidé avec un pistolet avant l'arrivée de la police.

La loi ne serait pas rétroactive et ne concernerait que les pistolets et fusils neufs, dont 157 modèles sont spécifiquement nommés. Les propriétaires actuels n'auraient pas à rendre leurs armes. Les chargeurs de plus de 10 balles seraient aussi prohibés.

L'Amérique a déjà connu une telle interdiction, de 1994 à 2004, mais celle-ci avait facilement été contournée par les fabricants. Cette fois, le texte est plus contraignant.

Mais les républicains ont voté en bloc contre la mesure, une opposition qui confirme qu'elle n'a qu'une chance infime d'être approuvée par l'ensemble du Sénat, où ils disposent d'une minorité de blocage.

Ils relèvent que les fusils d'assaut ne représentent qu'une faible portion du total des crimes par armes à feu. Selon eux, la loi empièterait sur le deuxième amendement à la Constitution qui garantit le droit de chaque citoyen à détenir des armes.

Le sénateur du Texas Ted Cruz, champion des ultra-conservateurs du "tea party", a ainsi demandé si le Congrès avait également le pouvoir de restreindre le premier amendement, qui garantit la liberté d'expression.

Outrée, la démocrate Dianne Feinstein a vivement répondu: "Je ne suis pas une élève de sixième, sénateur (...) Vous n'avez pas à me donner des leçons". Cette mesure "exempte 2.271 armes. Cela ne suffit-il pas aux Américains? Leur faut-il un bazooka?".

Mais "si un criminel utilise de telles armes, pourquoi retirerait-on aux citoyens qui respectent la loi le droit d'utiliser des armes de puissance équivalente pour se défendre?" a rétorqué le républicain John Cornyn.

La commission a aussi approuvé depuis la semaine dernière trois autres mesures transposant les grandes annonces de réforme du président Barack Obama: la vérification obligatoire des antécédents judiciaires pour toute vente d'armes; la pénalisation des achats d'armes au nom d'une autre personne; et des crédits supplémentaires pour la sécurité des écoles.

Ces textes doivent maintenant recevoir l'aval du Sénat, où 60 voix sur 100 sont nécessaires, alors que les démocrates ne disposent que de 55 sièges. La Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, devra ensuite se prononcer.

ico/mdm