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14/03/2013 05:07 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Paris et Londres veulent livrer des armes aux rebelles syriens

La France et la Grande-Bretagne fourniront des armes aux rebelles syriens même s'ils n'obtiennent pas l'aval de l'Union européenne (UE) lors de leur prochaine réunion sur l'embargo sur les armes pour la Syrie, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Paris et Londres demandent « aux Européens, maintenant, de lever l'embargo pour que les résistants aient la possibilité de se défendre », a-t-il déclaré à la radio France Info.

À défaut de l'unanimité requise à l'UE, Paris et Londres prendront la décision de livrer des armes, car la France « est une nation souveraine », a précisé le ministre.

Le premier ministre britannique David Cameron avait déjà indiqué mardi que son pays pourrait se désolidariser de l'embargo de l'UE, en envoyant des armes aux rebelles afin qu'ils puissent lutter contre le président Bachar Al-Assad.

La prochaine réunion de l'UE sur la question est prévue fin mai, mais Laurent Fabius a indiqué que Paris et Londres comptaient réclamer qu'elle ait lieu plus tôt.

Amnistie interpelle l'ONU « sur les crimes de guerre »

Pendant ce temps, Amnistie internationale demande au Conseil de sécurité de l'ONU de soumettre les deux parties impliquées dans le conflit en Syrie à la Cour pénale internationale (CPI).

« Alors que la vaste majorité des crimes de guerre et autres violations flagrantes [des droits de l'Homme] continuent d'être commis par les forces gouvernementales, notre enquête fait également état d'une escalade des violations de la part des groupes d'opposition armés », affirme la directrice adjointe pour le Moyen-Orient à Amnistie internationale, Ann Harrison.

« Si rien n'est fait, de telles pratiques risquent de s'ancrer de plus en plus. Il est impératif que tous ceux concernés sachent qu'ils devront rendre des comptes pour leurs actions », ajoute-t-elle.

L'organisation non gouvernementale dit avoir des preuves de l'utilisation par le régime de Bachar Al-Assad « d'armes internationalement prohibées contre les civils ». Les rebelles auraient également recours à la « torture et au meurtre de soldats, miliciens progouvernementaux et civils », ainsi qu'au recrutement d'enfants pour combattre les soldats.

Affluence de réfugiés syriens

Par ailleurs, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé jeudi que le nombre de réfugiés syriens avait grimpé de plus de 10 % en une semaine, « à une vitesse telle que personne n'avait prévu ».

La semaine dernière, le nombre de réfugiés en Jordanie, au Liban, en Irak, en Turquie, en Égypte et en Afrique du Nord avait franchi le cap du million de personnes. Depuis, 121 000 autres ont passé les frontières de la Syrie.

Selon le dernier bilan fourni par les Nations unies (ONU), plus de 70 000 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad, en mars 2011.