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14/03/2013 12:19 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Opposition à la réforme de l'assurance-emploi: la coalition s'élargit au Québec

MONTRÉAL - La Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi s'élargit, alors que le mouvement tarde à prendre son élan en Ontario et dans l'ouest canadien.

Accusée par le gouvernement Harper de ne représenter que des intérêts syndicaux, la Coalition a annoncé jeudi s'être adjoint le soutien de plusieurs autres organisations comme la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et l'Union des producteurs agricoles (UPA).

L'organisme Solidarité rurale du Québec a également donné son appui au regroupement. Sa présidente, Claire Bolduc, a toutefois admis que le Québec et le Nouveau-Brunswick n'arriveront jamais à faire bouger le gouvernement Harper sans le support des provinces de l'Ouest.

«On le sait, il y a des noyaux ruraux en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Alberta qui vivent aussi ces problématiques-là, a-t-elle affirmé. On les invite à se manifester et à faire entendre leur voix haut et fort.»

Interrogé sur la question, le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, a indiqué vouloir mettre sur pied une coalition pancanadienne contre la réforme de l'assurance-emploi.

«On voit déjà qu'en Colombie-Britannique, ça commence à bouger, alors notre travail, ce sera de faire bouger les autres provinces à l'ouest de Gatineau et vous pouvez être assurés qu'on va y mettre toutes nos énergies et tous nos efforts», a-t-il assuré.

Le président de la FQM, Bernard Généreux, s'est quant à lui montré ouvert à la négociation, en demandant à Ottawa de «suspendre» et de «moduler» son approche plutôt que de l'abroger, tout simplement.

«On n'est pas contre l'idée d'une réforme de l'assurance-emploi, mais il faut que cette réforme-là prenne en compte les réalités des territoires et des régions», a-t-il tempéré.

Ajoutant sa voix au mouvement, le président de l'UPA, Marcel Groleau, a précisé de son côté que les modifications à l'assurance-emploi décrétées par la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, risquent de faire mal aux agriculteurs québécois, qui embauchent annuellement quelque 39 000 travailleurs saisonniers.

La Coalition québécoise contre la réforme de l'assurance-emploi a été lancée le 4 mars par plusieurs syndicats dans le but de barrer la route à la réforme de l'assurance-emploi du gouvernement conservateur.

Celle-ci oblige les chômeurs à accepter un emploi dans leur domaine de compétence si celui-ci est situé à moins de 100 kilomètres de leur lieu de résidence et que sa rémunération équivaut à au moins 70 pour cent du dernier salaire touché.

Le regroupement promet une manifestation d'ampleur nationale dans les rues de Montréal le samedi 4 mai prochain. D'ici là, plusieurs actions locales sont prévues.

Sur la Côte-Nord, plus de 1000 panneaux ont été installés le long de la route 138, la semaine dernière, pour dénoncer les modifications apportées au programme de l'assurance-emploi.