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14/03/2013 06:22 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Omar Khadr inaccessible aux médias, son avocat critique Ottawa

Le refus du gouvernement de permettre aux médias de parler à Omar Khadr, ancien détenu canadien de la base navale de Guantanamo, à Cuba, a pour objectif de garder intacte l'image de terroriste dangereux qu'Ottawa lui a accolée, estime son avocat.

En rejetant une demande d'entrevue de La Presse Canadienne, Service Correctionnel Canada a indiqué qu'un tel accès au détenu pourrait poser un risque à la sécurité ou être perturbateur, et porter atteinte au plan correctionnel du détenu.

Dans un courriel, Kyle Lawlor, responsable intérimaire des relations avec les médias aux services correctionnels, a répondu que l'agence avait déterminé que la demande d'entrevue ne pouvait être accordée.

Omar Khadr, natif de Toronto et aujourd'hui âgé de 26 ans, est détenu à l'établissement à sécurité maximale Millhaven, près de Kingston, en Ontario, depuis son transfert en septembre dernier au Canada de la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba, où il avait été incarcéré pendant 10 ans.

Il a plaidé coupable en octobre 2010 devant un tribunal militaire américain à cinq accusations de crimes de guerre portées contre lui par le Pentagone. Ces accusations, qui lui ont valu huit années supplémentaires derrière les barreaux, concernent notamment le meurtre d'un soldat américain en Afghanistan en juillet 2002, alors que Khadr avait 15 ans.

L'avocat de Khadr, Dennis Edney, a accusé le gouvernement de cacher son client du public pour en brosser le pire portrait possible.

« Il semble y avoir une valeur de propagande de s'assurer qu'Omar Khadr ne soit pas vu comme autre chose qu'un terroriste », a déclaré M. Edney depuis Edmonton. « C'est important que le public ait une compréhension [de Khadr] au-delà de ce qui est représenté par le gouvernement. »

Les détenus de prisons canadiennes peuvent accorder des entrevues aux médias, mais les directives des établissements imposent certaines restrictions.

Le courriel de M. Lawlor des services correctionnels cite des articles de « la directive 022 du commissaire », qui énumère les conditions selon lesquelles les autorités pénitentiaires peuvent permettre à un détenu de s'adresser aux médias. Cet article stipule que l'entrevue ne doit pas « être contraire aux objectifs du plan correctionnel du détenu », en vue de son éventuelle libération.

Les services correctionnels ont cependant refusé de commenter davantage le cas spécifique de Khadr.