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14/03/2013 12:05 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Mali : la France s'inquiète des allégations de représailles visant plusieurs groupes ethniques

La France se dit préoccupée des allégations d'exactions commises par des soldats maliens à l'endroit de Peuls, de Touaregs et de groupes ethniques arabes, dont a fait état le Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies.

Dans une déclaration diffusée mercredi par sa mission permanente à l'ONU, la France affirme que ses forces armées ont reçu la directive « d'être très attentives aux éventuelles violations des droits de l'homme » et de « relever tout élément de preuve d'exactions » au Mali.

« La vengeance ne saurait jamais être une forme de justice. L'exacerbation des tensions ethniques est particulièrement inquiétante », affirme dans un communiqué la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Marjolaine Brée.

La France félicite les autorités maliennes d'avoir conclu un accord de coopération avec la Cour pénale internationale et affirme son soutien à la création d'une Commission dialogue et réconciliation, annoncée récemment.

Enfin, la France « réitère son appel au renforcement de la mission d'observation des droits de l'homme prévue par la résolution 2085 du Conseil de sécurité ».

Selon la haute-commissaire adjointe aux droits de l'homme de l'ONU, Kyung-wha Kang, les représailles signalées par une mission onusienne, menée au Mali depuis le 18 février dernier, visaient selon elle « les Peuls, les Touaregs et des groupes ethniques arabes perçus comme soutenant les groupes armés » qui occupaient le nord du pays depuis 2012.

La responsable a expliqué mardi que « la situation a été exacerbée par la propagation de messages incendiaires, y compris à travers les médias, stigmatisant les membres de ces communautés, dont des milliers ont fui par peur de représailles de la part de l'armée malienne ».

« Ceux qui restent dans le pays ont peur d'être des cibles non pas pour ce qu'ils ont fait, mais pour ce qu'ils sont », a-t-elle ajouté, réclamant une enquête du gouvernement malien.