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14/03/2013 11:05 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

L'opposition égyptienne toujours déterminée à boycotter les législatives

L'opposition égyptienne est plus déterminée que jamais à boycotter les futures élections législatives, après un appel du président islamiste Mohamed Morsi contre un jugement reportant ce scrutin initialement prévu fin avril, a déclaré jeudi un de ses chefs, Amr Moussa.

Cet appel, qui doit être examiné dimanche par la Cour administrative suprême, "relance les tensions autour de cette élection" et empêche l'opposition de revenir sur sa décision de boycotter le vote, a déclaré l'ancien chef de la Ligue arabe dans un entretien à l'AFP.

M. Moussa a expliqué que la décision, la semaine dernière, de la justice administrative d'empêcher ces élections en attendant un avis de la Haute cour constitutionnelle permettait de reporter le vote d'environ trois mois.

Ce report pourrait permettre d'engager des "négociations sérieuses" entre le pouvoir et l'opposition, notamment sur la principale demande de cette dernière, la formation d'un gouvernement d'union.

"Cela nous aurait donné du temps pour discuter sur les points que nous soulevons", et le cas échéant cela aurait permis à l'opposition de "reconsidérer" sa décision de boycotter le vote, a-t-il dit.

Toutefois, l'appel présenté par M. Morsi "renverse la situation", a-t-il déploré.

L'annulation du scrutin, prévu pour se dérouler sur deux mois à partir du 22 avril, était apparue comme une difficulté politique supplémentaire pour M. Morsi, qui en avait lui-même annoncé la date par décret.

La présidence égyptienne avait dans un premier temps laissé entendre qu'elle ne ferait pas appel, avant d'annoncer mercredi qu'elle se lançait dans cette procédure de contestation.

La principale coalition de l'opposition, le Front du salut national (FSN), dont M. Moussa est l'une des figures de proue, avait annoncé le 26 février qu'elle allait boycotter ces législatives, en raison notamment du manque de garanties pour leur régularité.

Le scrutin vise à remplacer la chambre dissoute l'an dernier, à l'époque où le pays était dirigé par un conseil militaire de transition. Cette chambre était largement dominée par les Frères musulmans, dont est issu M. Morsi, et d'autres formations islamistes.

M. Moussa a réaffirmé que la formation d'un gouvernement d'union était la seule possibilité pour le pays de sortir de l'instabilité politique et de la grave crise économique dans laquelle il s'enfonce.

"Un gouvernement d'union peut permettre de faire face à la situation, et de prendre des responsabilité collectives et nationales", a-t-il dit.

M. Moussa a mis les tensions politiques et sociales, qui se traduisent notamment par de nombreux mouvements de protestation parfois violents, sur le compte de "la colère et de la frustration face à l'incapacité du gouvernement".

"Ce que les gens me disent, c'est que rien n'a changé" depuis la révolte populaire qui a fait chuter Hosni Moubarak début 2011, a déclaré M. Moussa, qui fut candidat à l'élection présidentielle l'an dernier.

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