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14/03/2013 05:12 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

L'ONU "très inquiète" des incidents frontaliers entre Syrie et Liban

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont dits "très inquiets" des "incidents frontaliers répétés" entre la Syrie et le Liban, dans une déclaration adoptée jeudi.

Dans une rare démonstration d'unité sur ce sujet sensible, les 15 membres du Conseil ont également indiqué redouter "l'impact de la crise syrienne sur la stabilité du Liban".

Parmi ces "incidents", la déclaration cite "des tirs par-dessus la frontière qui ont provoqué des morts et des blessés dans la population libanaise, des incursions, des enlèvements et un trafic d'armes par la frontière syro-libanaise".

Le Conseil souligne également "l'importance de respecter totalement la souveraineté, l'unité, l'intégrité territoriale et l'autorité de l'Etat libanais". Il invite les Libanais à "s'abstenir de toute implication dans la crise syrienne".

Il déplore aussi l'impact sur le Liban "du flot grandissant de réfugiés fuyant la violence en Syrie, qui atteint aujourd'hui plus de 360.000 personnes", et demande à la communauté internationale de "tenir les promesses d'aide humanitaire faites à la conférence de Koweït du 29 janvier". L'appel de fonds de l'ONU pour la Syrie atteint 1,5 milliard de dollars mais seule une petite partie a été effectivement déboursée.

La déclaration a été lue par l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, qui préside le Conseil en mars. La Russie, alliée à la Chine, a bloqué à trois reprises depuis deux ans des résolutions du Conseil visant à sanctionner le régime syrien de Bachar al-Assad.

L'émissaire de l'ONU pour le Liban, Derek Plumbly, qui a fait rapport au Conseil, a évoqué ensuite devant les journalistes "une inquiétude persistante à propos de la contrebande d'armes" passant par la frontière.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats meurtriers ont opposé mercredi les troupes syriennes à des rebelles à la frontière avec le Liban dans la province de Homs (centre de la Syrie).

Les autorités syriennes ont menacé jeudi de frapper au Liban les "bandes armées" qui continuent de s'infiltrer en Syrie via la frontière pour combattre aux côtés des rebelles, a indiqué l'agence officielle Sana.

Le Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne, reste profondément divisé entre adversaires et partisans du régime de Bachar al-Assad. Le camp mené par le Hezbollah chiite soutient le régime, tandis que l'opposition menée par le sunnite Saad Hariri est favorable à l'opposition.

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a réaffirmé mardi que le Liban s'en tenait à une politique de neutralité vis-à-vis du conflit syrien.

avz/sam