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14/03/2013 02:40 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

L'ONU doit soumettre à la CPI les crimes de guerre commis en Syrie (Amnesty)

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit soumettre à la Cour pénale internationale (CPI) les crimes de guerre commis par les deux parties en conflit en Syrie, a affirmé jeudi Amnesty International.

"Combien de civils doivent encore mourir avant que le Conseil de sécurité de l'ONU ne soumette la situation au procureur de la CPI, afin que les auteurs de ces crimes horribles soient tenus responsables?", demande Ann Harrison, directrice adjointe pour le Moyen-Orient à Amnesty.

"Alors que la vaste majorité des crimes de guerre et autres violations flagrantes (des droits de l'Homme) continuent d'être commise par les forces gouvernementales, notre enquête fait également état d'une escalade des violations de la part des groupes d'opposition armés", a-t-elle ajouté.

"Si rien n'est fait, de telles pratiques risquent de s'ancrer de plus en plus. Il est impératif que tous ceux concernés sachent qu'ils devront rendre des comptes pour leurs actions".

Amnesty a affirmé avoir des preuves de l'utilisation par les forces du régime "d'armes internationalement prohibées contre les civils", et du recours par les rebelles à la "torture et au meurtre de soldats, miliciens pro-gouvernementaux et civils" qu'ils capturent ou enlèvent.

Selon l'ONG, qui a dit avoir vérifié l'utilisation de missiles balistiques par l'armée dans la province d'Alep (nord), "des centaines d'habitants, dont de nombreux enfants, ont été tués et blessés dans trois attaques récentes (avec de telles armes) qui ont anéanti des familles entières".

Toujours à Alep, "les corps d'hommes et de garçons, tués d'une balle dans la tête avec les mains liées derrière le dos, sont récupérés dans une rivière" qui prend sa source dans une zone contrôlée par l'armée, selon l'ONG.

Elle accuse aussi les rebelles de recruter des enfants pour combattre les soldats et pour même en "exécuter".

"Une vidéo (...) montre un garçon visiblement âgé de 12 à 14 ans portant une machette debout devant un homme- plus tard identifié comme le colonel Izz al-Din Badr", affirme Amnesty.

"Il est prostré à terre les mains derrière le dos. Une voix crie: 'Il n'a pas la force'. Le garçon lui donne alors un coup de machette au cou, sous les acclamations des membres d'un groupe de l'opposition".

Selon l'ONU, plus de 70.000 personnes sont mortes en deux ans de conflit.

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