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14/03/2013 02:35 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

L'ex-dirigeant khmer rouge Ieng Sary est mort

L'ex-ministre des Affaires étrangères du régime cambodgien des Khmers rouges, Ieng Sary, qui était jugé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, est décédé jeudi, à Phnom Penh, à l'âge de 87 ans.

« Nous pouvons confirmer que Ieng Sary est mort [jeudi] matin après avoir été hospitalisé le 4 mars », a déclaré un porte-parole du tribunal, Lars Olsen.

« Les coprocureurs vont établir les causes de sa mort avant de le rendre à sa famille », a-t-il ajouté, estimant qu'il était « regrettable » que la justice n'ait pu s'exprimer sur son cas avant son décès.

Sa mort n'aura toutefois pas d'impact sur le procès des deux autres accusés, a-t-il tenu à souligner.

L'ancien ministre comparaissait devant le tribunal parrainé par l'Organisation des Nations unies (ONU) avec l'ancien président Khieu Samphan, 81 ans, et le « Frère numéro deux » Nuon Chea, 86 ans, considéré comme l'idéologue du régime totalitaire de Pol Pot.

L'ex-ministre des Affaires sociales Ieng Thirith, épouse de Ieng Sary, faisait d'abord partie des accusés, mais elle a été déclarée inapte à être jugée l'an dernier. Elle souffre de pertes de mémoire, de démence et probablement de la maladie d'Alzheimer.

Ieng Sary disparaît donc sans avoir expliqué son rôle dans le régime des Khmers rouges, qui a tué 2 millions de personnes au nom d'une idéologie soi-disant marxiste entre 1975 et 1979, ce qui équivaut à un quart de la population du pays à l'époque.

Beaucoup de victimes ont été exécutées ou torturées et des centaines de milliers de personnes sont mortes de famine ou d'épuisement dans des camps de travaux forcés.

Les accusés ont plaidé non coupables et sont passibles de la prison à vie, le Cambodge ayant renoncé à la peine de mort. Le décès de Ieng Sary accentuera sans doute les craintes que les accusés ne meurent avant de répondre de leurs actes. C'est d'ailleurs pour cette raison que le procès a été divisé, dans un souci d'accélérer les procédures.

Le seul procès achevé à ce jour dans ce dossier est celui d'un ancien haut responsable des Khmers rouges, Kaing Guek Eav, qui a été condamné à 35 ans de prison en juillet 2010 après avoir été reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Celui qui était connu sous le nom de Douch a reconnu avoir supervisé la torture et les meurtres de plus de 14 000 personnes dans le centre de détention et de torture S-21.