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14/03/2013 06:09 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Le pape François prie en public dans une basilique de Rome

VATICAN, État de la Cité du Vatican - L'humilité du pape François était bien en vue, jeudi, à l'occasion de sa première journée à la tête de l'Église catholique, quand il s'est rendu à son hôtel prendre ses sacs et régler lui-même la note, témoignant d'un style qui tranche radicalement avec celui de ses prédécesseurs.

Même son choix vestimentaire en disait long sur sa personnalité: il a conservé la modeste croix pectorale qu'il utilisait comme évêque et il s'est présenté au monde vêtu d'une simple tunique blanche, laissant de côté la cape rouge portée par Benoît XVI en 2005.

L'ancien évêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Bergoglio, a entamé sa journée en se rendant en voiture à la principale basilique de Rome dédiée à la Vierge Marie, où il a prié devant une icône de la Madonne. Il est entré dans la basilique Sainte-Marie-Majeure par une porte secondaire un peu avant 8h, heure locale, et il est reparti une trentaine de minutes plus tard.

La veille, il avait indiqué aux quelque 100 000 fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre qu'il comptait prier la Vierge, vendredi, pour lui demander de veiller sur Rome.

Il avait aussi annoncé aux cardinaux avoir l'intention de rendre visite à son prédécesseur, le pape émérite Benoît XVI, mais le Vatican a précisé que cette visite n'aura lieu que dans quelques jours. Il a par contre discuté au téléphone avec l'ancien pape immédiatement après son élection.

Le principal item à son programme de la journée était une messe qu'il devait célébrer en après-midi à la chapelle Sixtine, là où il a été choisi comme 266e pape au terme d'un conclave inhabituellement expéditif. Il devait prononcer son homélie en italien et possiblement en profiter pour dévoiler ses priorités.

Le cardinal Bergoglio est devenu le premier Jésuite et le premier non-Européen à accéder à la papauté depuis le Moyen-Âge. Il a choisi le nom papal de François pour rendre hommage à Saint-François-d'Assise, l'humble religieux qui a consacré sa vie aux pauvres.

Le nouveau pontife est décrit comme un homme d'une grande simplicité. Même à titre de cardinal de Buenos Aires, il a continué à habiter un appartement modeste et à utiliser les transports en commun. Il préparait aussi lui-même ses propres repas et visitait fréquemment les bidonvilles qui entourent la capitale argentine. Il estime que l'oeuvre sociale, plus que les querelles doctrinales, doit se retrouver au coeur de l'oeuvre de l'Église.

«S'il conserve son même goût de la simplicité maintenant qu'il est pape, certains vont être estomaqués, a prévenu le père Thomas Reese, l'auteur du livre «Inside the Vatican». Ce n'est peut-être pas un homme qui voudra porter de la soie et des fourrures».

Après son élection, le pape François a refusé d'utiliser la voiture spéciale qui devait le ramener à l'hôtel, préférant prendre le même autobus que les autres cardinaux. Il a aussi refusé de les rencontrer juché sur une plateforme, selon le cardinal américain Timothy Dolan.

«Il nous a rencontrés sur le même niveau», a dit ce dernier.

Plus tard, pendant le dîner, le nouveau pape a lancé quelques mots aux cardinaux. «Que Dieu puisse vous pardonner ce que vous venez de faire», a-t-il dit, selon le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi.

L'archevêque de Toronto, le cardinal Thomas Collins, a déclaré que les cardinaux ont choisi le pape François simplement «parce qu'il est la meilleure personne pour diriger l'Église».

«Je ne peux pas parler au nom de tous les cardinaux mais je pense qu'on peut voir à quel point c'est un pape merveilleux, a-t-il déclaré à l'Associated Press par téléphone depuis Rome. C'est un type fantastique, très chaleureux. Nous avons découvert ses talents merveilleux. Il est adoré dans son diocèse en Argentine. Il a une superbe histoire pastorale de service.»

L'homme de 76 ans aurait pris la deuxième place, en 2005, lors du conclave pendant lequel Benoît XVI avait été élu. Cette fois-ci, il a été choisi lors du cinquième tour de scrutin. Au cours du dernier siècle, seuls Benoît XVI, Jean-Paul I en 1978 et Pie XII en 1939 ont été élus plus rapidement.