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14/03/2013 03:43 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Le ministre Penashue démissionne; il a reçu des dons illégaux pour ses élections

OTTAWA - Peter Penashue admet avoir reçu des dons illégaux pendant sa campagne électorale et démissionne de ses postes de député et de ministre.

M. Penashue était responsable du portefeuille des Affaires intergouvernementales dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Dans le communiqué annonçant sa démission, il écrit qu'en examinant de plus près son propre rapport à Élections Canada, faisant le bilan de la campagne de 2011, il a constaté que son agent officiel avait accepté des dons non admissibles.

«Je n’étais pas au courant des inexactitudes dans mon rapport, mais je crois devoir être responsable devant les gens qui m’ont élu», peut-on lire dans le communiqué diffusé par M. Penashue, jeudi après-midi.

«Je quitte donc mes fonctions de député de Labrador et chercherai à me faire élire à des élections complémentaires», a-t-il annoncé dans le même communiqué.

On ne sait pas encore quand le premier ministre Harper déclenchera ces élections complémentaires, mais le Parti conservateur indique déjà que M. Penashue sera son candidat.

C'est Denis Lebel qui prend les responsabilités de ministre des Affaires intergouvernementales. M. Lebel ajoutera cela à ses portefeuilles au Transport et à l'agence de Développement économique du Canada pour les régions du Québec.

Le conservateur Penashue a battu le candidat libéral en mai 2011 par 79 votes seulement.

Une révision de sa campagne électorale effectuée par Élections Canada a conclu qu'il a dépensé 4000 $ de plus que les 84 500 $ permis. L'opposition l'a aussi accusé d'avoir accepté des déplacements gratuits par avion pour couvrir l'immense territoire de sa circonscription.

Les libéraux remettent en question le taux d'intérêt qui lui a été accordé pour un prêt de 25 000 $. On a aussi retrouvé une compagnie de construction dans la liste des donateurs à sa campagne. Or, il est interdit aux entreprises de faire des dons électoraux au Canada.

En octobre dernier, le chef intérimaire libéral, Bob Rae, dénonçait de «sérieux manquements» et réclamait une enquête formelle.

Tout au long des derniers mois, M. Penashue s'est défendu de toutes ces accusations et a tenu bon, jusqu'à sa démission de jeudi.

Élections Canada refuse de dire si son dossier comporte d'autres problèmes mais confirme qu'il est en train de rédiger une version amendée de son rapport pour l'élection de 2011.

Il était temps, selon l'opposition

«Après avoir passé des mois à nier sa culpabilité et à esquiver les questions de l’opposition, il était temps qu’il prenne ses responsabilités et qu’il admette avoir violé la loi électorale», a lancé le député néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Mais d'après M. Boulerice, M. Penashue n'en fait pas assez.

«Pour l’instant, il ne fait que mettre le blâme sur un employé de sa campagne électorale, qui a ensuite été généreusement récompensé par le gouvernement conservateur avec un emploi auprès de l’Office Canada–Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers», a-t-il tenu à rappeler.

D'après les néo-démocrates, ce deuxième départ en un mois est «le signe d’un gouvernement embourbé dans des scandales et usé par le pouvoir».

Un mois moins un jour avant la démission de M. Penashue, le premier ministre Harper perdait un autre de ses ministres. Le 15 février, John Duncan abandonnait le portefeuille des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien après avoir admis qu'il a écrit une lettre à la Cour canadienne de l'impôt pour intervenir en faveur d'un électeur de son comté.

M. Duncan est cependant demeuré député. Et c'est Bernard Valcourt, du Nouveau-Brunswick, qui a hérité de son portefeuille.