POLITIQUE
14/03/2013 12:12 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Le ministre Jim Flaherty dévoilera son budget le 21 mars

AP
Minister of Finance Jim Flaherty holds a news conference at the National Press Theatre in Ottawa, Canada on Thursday, June 21, 2012. Flaherty is tightening mortgage rules to make it harder for people to buy or borrow on their homes. (AP Photo/The Canadian Press,Sean Kilpatrick )

OTTAWA - Le jour même où le directeur parlementaire du budget sera devant un tribunal pour obtenir plus d'information sur les coupes du budget de 2012, le 21 mars, le ministre des Finances Jim Flaherty présentera son budget de 2013.

Coïncidence ou pas, la date du budget est la même que celle de l'audition devant la Cour fédérale du dossier de Kevin Page, le directeur parlementaire du budget (DPB), qui tente de faire clarifier son mandat et ses pouvoirs après s'être vu refuser par le gouvernement de l'information de nature financière.

Quant au budget conservateur de 2013, il devrait refléter l'objectif du gouvernement qui est d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2015, soit à temps pour les prochaines élections fédérales.

On s'attend donc à ce que l'exercice budgétaire en soit un de retenue plutôt que de grandes dépenses.

Il sera d'ailleurs déposé au Parlement dans une période de croissance économique anémique.

Mais en dévoilant jeudi la date du futur budget, le ministre Flaherty a tenté de minimiser l'impact de cette croissance plus lente que prévue.

«C'est une préoccupation temporaire, pas une préoccupation à long terme et, comme vous le savez, notre but est d'en arriver à un budget équilibré en 2015», a-t-il indiqué.

«Nous sommes sur la bonne voie pour atteindre notre objectif», a maintenu jeudi le grand argentier du pays.

Lors d'une rencontre la semaine dernière avec des économistes du secteur privé, M. Flaherty s'est fait dire de s'attendre à une croissance du produit intérieur brut réel de 1,5 pour cent à 1,8 pour cent en 2013.

Cela fait contraste avec le deux pour cent anticipé dans la mise à jour économique de novembre dernier et de la projection de 2,4 pour cent inclue dans le dernier budget printanier.

Fidèle à son habitude, M. Flaherty a été avare de détails sur son budget.

Des commentaires qu'il a formulés au cours des dernières semaines laissent toutefois entrevoir ses grandes orientations.

Jim Flaherty a récemment parlé de réduire les dépenses discrétionnaires du gouvernement dans son but ferme d'équilibre budgétaire et a précisé qu’il s’attarderait de très près aux dépenses qu’il pourra contrôler.

À ce même moment, il avait cependant insisté sur le fait qu’il n’augmenterait pas les impôts et ne réduirait pas les transferts aux provinces dans le prochain budget.

Dans la foulée des spéculations habituelles sur le contenu du budget, le ministre Flaherty avait toutefois rejeté l'hypothèse de hausser les dépenses du gouvernement pour stimuler l'économie.

On peut aussi s'attendre à ce que le budget s'attaque à l'évasion fiscale pour augmenter les revenus de l'État, par l'entremise de nouvelles mesures pour la rendre plus difficile.

Le dernier budget Flaherty avait été déposé le 29 mars 2012.

Celui de 2013 va vraisemblablement occulter les démarches en justice de Kevin Page.

Celui-ci maintient que le refus du gouvernement et de bon nombre de ministères de lui fournir l'information financière qu'il réclame l'empêche de faire son travail correctement. Sans compter qu'il estime ne pas pouvoir informer le public et les députés de l'impact du dernier budget.

Le DPB a notamment réclamé le détail des compressions budgétaires de 5,2 milliards $ annoncées dans le budget 2012, incluant les pertes d'emplois de près de 20 000 fonctionnaires et l'abolition de services aux Canadiens.

La demande vise à obtenir l'opinion de la Cour fédérale sur le mandat du DPB, mais elle a fortement irrité le gouvernement et particulièrement M. Flaherty. L'audition aura lieu les 21 et 22 mars prochains.

Le huis clos du budget aura pour effet de monopoliser — et de tenir enfermés pendant des heures — la majorité des journalistes à Ottawa. Ce qui va sans aucun doute diminuer la couverture médiatique pour l'audition de M. Page.

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