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14/03/2013 11:32 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Lagarde: Alger doit limiter ses dépenses pour juguler l'inflation

L'Algérie doit limiter les dépenses courantes de l'Etat afin de juguler l'inflation, qui a atteint près de 9% en 2012, son plus haut niveau depuis 15 ans, a estimé jeudi à Alger la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

"La maîtrise de l'inflation exigera le bon dosage de mesures. Heureusement, des initiatives allant dans le bon sens ont déjà été prises, que ce soit dans le budget de cette année ou la décision, en mai dernier, de resserrer la politique monétaire", a déclaré la patronne du Fonds monétaire international.

Mais "d'autres décisions seront nécessaires. Je pense en particulier à un nouveau resserrement de la politique monétaire, mais aussi à la nécessité de résister à toute nouvelle pression tendant à une augmentation des dépenses courantes de l'Etat", a ajouté Mme Lagarde qui a conclu une visite de trois jours en Algérie

Une éventuelle persistance de l'inflation risque "de compromettre la croissance et, avec elle, la création si essentielle des emplois. Les personnes déjà vulnérables sont celles qui souffriront le plus si l'inflation n'est pas maîtrisée", a-t-elle dit.

Mme Lagarde a également plaidé pour développer davantage le secteur privé.

"Des réglementations complexes freinent la croissance et la création d'emplois dans le secteur privé. Malgré les mesures prises par le gouvernement pour remédier à certains problèmes, disons-le franchement, il y a encore trop de formalités administratives", a-t-elle dit.

"Quatorze démarches et 25 jours sont nécessaires pour créer une entreprise. Chaque année une entreprise doit consacrer 451 heures au paiement de ses impôts. Et 630 jours sont nécessaires afin d'assurer la mise en oeuvre d'un contrat", a ajouté Mme Lagarde.

Elle a appelé à des réformes "plus vastes", en particulier pour faciliter la création et la gestion d'entreprises.

"Les entreprises privées devront aussi pouvoir s'appuyer sur un système financier moderne. Cela suppose de mettre un terme à la domination des banques publiques en permettant aux banques privées de se développer et de jouer un rôle actif dans le crédit aux entreprises et aux particuliers", a estimé la première responsable du FMI.

Mme Lagarde a réaffirmé la nécessité d'atténuer les "restrictions qui pèsent sur l'investissement étranger".

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