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14/03/2013 02:56 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

La France prête à armer les rebelles syriens

PARIS - Le président français Francois Hollande a déclaré jeudi que son pays et la Grande-Bretagne exerçaient des pressions auprès de l'Union européenne pour lever l'embargo syrien afin d'envoyer des armes aux rebelles.

Les deux nations ont ouvert la discussion sur la question du soutien aux insurgés, mais l'Allemagne et d'autres pays d'Europe se sont montrés sceptiques à l'idée de fournir des armes aux combattants rebelles, de peur que cela ne mène à une escalade de la violence dans cette région déjà hautement instable.

François Hollande plaide que les rebelles et les troupes fidèles à Bachar al-Assad ne combattent pas à forces égales puisque la Russie et d'autres alliés fournissent des armes à l'armée syrienne.

«La France doit d'abord convaincre ses partenaires européens. Mais nous ne pouvons continuer à laisser les gens se faire massacrer de la sorte», a exposé le président en marge du sommet de l'UE qui se déroule à Bruxelles.

«Alors déjà, les Britanniques et les Français sont en faveur de la levée de l'embargo», a-t-il ajouté.

Le gouvernement britannique a affirmé qu'il n'écartait aucune option en vue d'appuyer l'opposition.

Un peu plus tôt, jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait signalé que la France et la Grande-Bretagne tentaient d'organiser une rencontre d'urgence entre les pays membres de l'UE sur cette délicate question.

Un vote unanime des nations européennes serait nécessaire pour faire lever l'embargo avant le vote prévu pour sa prolongation en mai. Mais si le vote ne se tenait pas sous peu, la France pourrait refuser de prolonger l'embargo — une prise de position que Londres a également évoquée —, ce qui se traduirait par la fin de l'embargo, a signalé un diplomate de l'Hexagone.

Ce diplomate, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, a ajouté qu'il était trop tôt pour déterminer quel type d'armes la France serait prête à fournir aux insurgés.

Les négociations entourant le soutien armé aux rebelles surviennent alors que des inquiétudes font surface en ce qui a trait à leurs actions. Les insurgés exécutent couramment les soldats du régime et les informateurs présumés, se rendant ainsi de plus en plus fréquemment coupables de crimes de guerre, a soutenu jeudi Amnistie internationale.

Toutefois, a ajouté l'organisation internationale, les crimes commis par le régime de Bachar al-Assad demeurent nettement plus mortels, plus systématiques et plus répandus. Le groupe évoque notamment des populations civiles attaquées à l'aide d'armes imprécises comme des bombes à dispersion, qui sont pourtant interdites.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a prévenu mercredi que le fait d'armer les rebelles syriens pourrait constituerait une violation du droit international. Moscou est le principal allié de Bachar al-Assad, qu'il protège des sanctions de l'ONU depuis le début de l'insurrection syrienne, il y a de cela deux ans.