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14/03/2013 06:01 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Israël parvient à se doter d'un gouvernement avant la visite d'Obama

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affaibli, et ses partenaires du centre droit et de la droite nationaliste religieuse devaient annoncer jeudi leur accord de gouvernement, laborieusement conclu avant la visite du président américain Barack Obama.

Selon les représentants de la nouvelle coalition gouvernementale, le pacte sera ratifié jeudi, après 40 jours d'âpres tractations, par M. Netanyahu, Yaïr Lapid, le leader du parti centriste Yesh Atid, et Naftali Bennett, le chef de file du Foyer juif, mouvement nationaliste religieux proche des colons.

"Nous sommes occupés par les derniers détails de l'agrément", a déclaré M. Netanyahu aux cadres de son parti Likoud (droite) coalisé avec le parti nationaliste Israël Beiteinou.

"Nous sommes confrontés à d'énormes défis sécuritaires et diplomatiques", a-t-il ajouté en notant que son parti gardait la haute main sur les Affaires étrangères et la Défense.

M. Netanyahu a confirmé que Yaïr Lapid serait ministre des Finances, et à ce titre responsable du prochain budget dans une conjoncture économique difficile.

Selon M. Lapid, ex-journaliste vedette de télévision, sorti vainqueur du bras de fer qui l'opposait au Premier ministre, la signature aura "probablement lieu ce (jeudi) soir".

"Il y a un gouvernement", a confirmé la porte-parole du Likoud, Noga Katz, précisant que les détails de sa composition seraient dévoilés "en temps utile".

"Sauf anicroches à la dernière minute, il (l'accord) devrait être signé aujourd'hui", a renchéri Ashley Perry, porte-parole d'Israël Beiteinou.

"Le nouveau gouvernement prêtera serment (devant le Parlement) au début de la semaine prochaine", sans doute lundi, 48 heures seulement avant l'arrivée du président américain Barack Obama en Israël, a ajouté M. Perry.

Selon les médias, aux termes de ce pacte, le ministère de l'Education, qui constituait l'ultime pomme de discorde, doit être attribué au parti de Yaïr Lapid.

Yesh Atid ("Il y a un Avenir" en hébreu), d'inspiration laïque et libérale, récolte ainsi les fruits de sa spectaculaire percée lors des législatives du 22 janvier avec 19 élus sur 120.

En contrepartie, le ministère de l'Intérieur, également disputé, reviendra au Likoud.

Benjamin Netanyahu s'occupera des Affaires étrangères en attendant la fin du procès pour abus de confiance du titulaire sortant Avigdor Lieberman, son allié électoral et leader d'Israël Beiteinou.

Selon la presse israélienne, qui fait son miel de "la fumée blanche à Jérusalem", comparaison ironique avec l'élection d'un nouveau pape à Rome, Yaïr Lapid a remporté une "victoire absolue" sur un Premier ministre fragilisé par la piètre performance électorale de son parti le 22 janvier.

Mais les analystes prédisent aussi des temps difficiles pour la nouvelle coalition.

"Bennett et Lapid vont occuper des postes élevés dans un gouvernement à la tête duquel se trouve un Premier ministre qu'ils méprisent ouvertement", écrit Nahum Barnéa à la Une du quotidien populaire Yediot Aharonot.

Un analyste de la chaîne 10 de télévision a noté que le prochain gouvernement serait "orienté à droite sur les plans politique et économique".

C'est un fervent partisan des colonies, Uri Ariel, numéro 2 du Foyer juif, qui devrait obtenir le Logement, le ministère supervisant notamment la construction dans les implantations juives. Le Foyer juif va également contrôler la commission des Finances du Parlement, qui joue un rôle important dans le financement des colonies.

Pour se concilier MM. Lapid et Bennett, M. Netanyahu a dû renoncer à son alliance avec deux partis ultra-orthodoxes, le Shass sépharade (11 élus) et le Judaïsme Unifié de la Torah (ashkénaze, sept députés).

La prochaine majorité gouvernementale, de 68 députés sur 120, comprendra, outre l'alliance Likoud-Israël Beiteinou (31 élus), Yesh Atid (19), le Foyer Juif (12) et le parti centriste HaTnouha (6), de l'ancien chef de la diplomatie Tzipi Livni, qui a obtenu le ministère de la Justice.

Le nombre des ministres sera limité, comme l'exigeait Yaïr Lapid, à 21 ou 22 en comptant le Premier ministre, contre une trentaine dans le gouvernement sortant.

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