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14/03/2013 07:55 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Israël: les tractations gouvernementales ont sapé l'autorité de Netanyahu

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sort encore affaibli des négociations marathon pour former un gouvernement, dans lesquelles il a préservé l'essentiel mais capitulé face à ses nouveaux partenaires, selon des analystes.

M. Netanyahu a dû consentir une série de concessions au chef du nouveau parti centriste Yesh Atid (19 sièges sur 120), Yaïr Lapid, sensation des élections du 22 janvier, et à son allié du parti national religieux Foyer juif (12 sièges), dirigé par Naftali Bennett.

"De son point de vue, Netanyahu a beaucoup sacrifié. Il n'a cessé de flancher, abandonnant à Lapid et Bennett une citadelle après l'autre", affirme dans un éditorial le quotidien Maariv.

"C'est ainsi que cela se passe quand il ne reste plus de cartouche dans votre chargeur", résume-t-il, estimant que la solidité du pacte conclu entre Yesh Atid et Foyer juif afin d'obtenir le maximum de concessions pour prix de leur ralliement, ainsi que l'arithmétique parlementaire, ne laissaient au Premier ministre aucune alternative.

Fragilisé par les élections qui lui ont accordé une victoire étriquée, avec 31 sièges pour la liste commune entre son parti, le Likoud, et la formation nationaliste Israël Beiteinou, M. Netanyahu a dû abandonner ses alliés "naturels", les partis religieux, dont la participation était difficilement compatible avec celles de MM. Lapid et Bennett, favorables à la conscription des jeunes ultra-orthodoxes.

"Ce n'est pas le gouvernement que voulait Netanyahu", résume le commentateur politique du quotidien Haaretz.

"Après avoir forcé Netanyahu à se séparer de ses partenaires ultra-orthodoxes et lui avoir imposé une douloureuse réduction du nombre de ministres", M. Lapid l'a finalement contraint à renoncer au ministère de l'Education, énumère-t-il.

Le Likoud s'arroge néanmoins les portefeuilles clé de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intérieur, et conserve la majorité au gouvernement, où siègeront 12 ministres de sa formation et d'Israël Beiteinou, contre 10 à ses autres partenaires, dont un autre nouveau parti centriste, lancé par l'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, nuancent les médias.

Selon l'éditorialiste du quotidien populaire Yediot Aharonot, M. Netanyahu "ne voulait ni Bennett ni Lapid. Il les considérait chacun, et plus encore tous les deux ensemble, comme des chevaux de Troie qui détruiraient son gouvernement de l'intérieur".

"L'alliance entre Lapid et Bennett était fondée sur l'estimation que Netanyahu céderait à la pression et ne risquerait pas son avenir politique, que s'il se heurtait à un front ferme et déterminé, il finirait par capituler", ajoute-t-il, relevant que "leur pari a payé".

A présent, ils vont servir sous un Premier ministre qu'ils méprisent ouvertement", écrit-il, s'inquiétant de "la paranoïa dans un gouvernement où il n'y a pas une figure d'autorité unique vers laquelle se tourner. Passe encore quand le débat porte sur le montant de l'aide aux instituts talmudiques, mais c'est plus problématique lorsqu'il s'agit de l'Iran ou du Hezbollah".

"La situation est particulièrement problématique quand les deux novices siégeant au gouvernement aspirent chacun de leur côté à lui succéder", prévient-il, jugeant que "l'espoir manifeste de Netanyahu au moment de former sa nouvelle coalition est d'en changer le plus vite possible".

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