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14/03/2013 09:26 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Irak: 18 morts dans une série d'attentats et l'attaque d'un ministère

Dix-huit personnes sont mortes jeudi dans une série d'attentats à la bombe commis à l'heure du déjeuner en plein Bagdad et l'assaut par des hommes armés du ministère de la Justice, situé à quelques centaines de mètres de la "Zone verte" ultra-sécurisée.

Ce nouvel épisode de violences intervient à quelques jours du dixième anniversaire de l'invasion du pays par les troupes américano-britanniques.

L'attaque n'a pas été revendiquée, mais les groupes armés sunnites, dont Al-Qaïda en Irak, s'en prennent régulièrement aux forces de sécurité et aux représentants du gouvernement, honni, du chiite Nouri al-Maliki.

Trois explosions, des attentats à la voiture piégée selon les sources de la sécurité irakienne consultées par l'AFP, ont secoué le quartier d'Allawi qui abrite les ministères des Affaires étrangères, de la Culture et de la Justice, vers 13H30 locales (10H30 GMT).

Des témoins ont raconté que des coups de feu avaient été tirés immédiatement après les déflagrations.

Au même moment, des hommes armés "ont tenté de pénétrer à l'intérieur du ministère de la Justice", a expliqué à l'AFP Sabah Nouri, le porte-parole des services irakiens de lutte contre le terrorisme, sans pouvoir dire si les assaillants ont réussi à s'introduire dans le bâtiment.

Le ministère se trouve à environ 200 mètres d'un accès à la "Zone verte", qui abrite notamment le Parlement et nombre d'ambassades.

Un responsable du ministère de l'Intérieur qui a requis l'anonymat et une source médicale ont indiqué qu'au moins 18 personnes ont été tuées et 30 blessées, sans que l'on sache toutefois si les attentats ou l'assaut en sont à l'origine.

Une source au sein du centre de commandement des opérations de Bagdad, qui chapeaute les forces de police et de l'armée, a assuré à l'AFP que "trois assaillants ont été tués" dans le bâtiment.

D'après Haider al-Saadi, le porte-parole du ministère de la Justice, "tous les employés sont sains et saufs. Des affrontements ont eu lieu devant le bâtiment après l'explosion des voitures piégées".

Trois heures après l'attaque, un journaliste de l'AFP a rapporté que les routes menant au ministère avaient été fermées à la circulation. Selon lui, de la fumée s'échappait du complexe ministériel et les pompiers avaient réussi à maîtriser un incendie à l'intérieur. Les journalistes ont été priés de quitter le quartier.

Il s'agit de l'épisode de violence le plus meurtrier depuis le début du mois de mars. Le mois passé, 220 personnes ont péri dans des violences en Irak, selon un bilan compilé par l'AFP sur la base de sources au sein des ministères de l'Intérieur et de la Santé.

Les violences restent endémiques en Irak bien qu'elles aient largement baissé depuis les sombres années du conflit confessionnel de 2006-2008.

Les insurgés visent la police, l'armée, la communauté chiite, mais aussi les Irakiens impliqués dans la vie politique locale ou nationale.

Plus tôt jeudi, un attentat à la bombe a ainsi visé un candidat aux élections provinciales d'avril. Khaled Hussein al-Daraji était en voiture lorsqu'une bombe magnétique fixée au véhicule a explosé, tuant le chauffeur. M. Daraji est indemne.

Et au nord de Bagdad, le cheikh sunnite Qaïs Abdul Karim al-Janabi, a été enlevé avec six membres de sa famille, dont son fils, Abdul Karim, lui aussi candidat au scrutin d'avril.

Ces élections, et la campagne qui les précède, se déroulent dans un contexte extrêmement tendu. Depuis fin décembre, des manifestations sont organisées dans les régions où les sunnites sont majoritaires pour réclamer la démission de M. Maliki et la fin de la "marginalisation" dont ils s'estiment victimes.

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