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14/03/2013 09:48 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Ici Chez-soi de l'ONF: Wolfgang, objectif famille (VIDÉO)

À Montréal, 46 % des participants avaient un problème de dépendance aux drogues ou à l’alcool au moment de se joindre à l’étude. Quand on a offert à Wolfgang de participer à Chez soi, il y a vu l’occasion de s’en sortir pour rétablir le contact avec ses enfants. Dans le film Par amour, on y suit cet ex-toxicomane en visite chez sa mère, une femme immigrante qui remporte chaque année un concours de décorations de Noël dans un quartier sans histoire.

Ici, Chez soi est un documentaire Web de l'ONF dans les coulisses de Chez soi, une grande enquête de la Commission de la santé mentale du Canada pour stopper l'itinérance chronique. Le concept? Donner un toit aux sans-abri.

Wolfgang aime sa mère et sa fille, on le sent tout de suite dans le film Par amour de la réalisatrice Sarah Fortin. Mais Wolfgang a beau aimer sa famille, il a aussi aimé consommer héroïne et crack, au point de perdre le contrôle de sa vie et de se retrouver à la rue.

L’approche de Priorité au logement se distingue dans le milieu communautaire : pour avoir accès à un logement, les participants ne doivent pas nécessairement arrêter de consommer. Son créateur, Sam Tsemberis, a fait le pari qu’un toit aiderait les individus à modérer eux-mêmes leur consommation. Ce n’est pas toujours le cas : des participants de Chez soi, comme Wolfgang et Theresa, ont perdu leur logement après avoir invité des personnes, qui ont fêté un peu trop bruyamment.

Wolfgang connaît sa chance; il se rappelle sans trop de difficulté la confusion et le désarroi dans lesquels ses dépendances l’ont mené. Il a failli quitter le projet, mais la travailleuse communautaire assignée à son dossier l’a convaincu de rester. Sans elle, on peut croire que cette rencontre devant la caméra du documentaire Web Ici, Chez soi n’aurait jamais eu lieu.

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Logement + suivi = succès?

L’équation menant au rétablissement des participants est-elle aussi simple que ce que laisse sous-entendre Wolfgang devant la caméra?

Ce n’est pas si simple. Suivi par l’équipe d’intervention pour les participants avec des besoins modérés, Wolfgang a accepté de poursuivre l’expérience même après avoir perdu son logement. Mais ce n’est pas uniquement Sylvie, la travailleuse sociale, qui est responsable de son succès. Wolfgang avait un rêve, celui de revoir sa famille et d’être un père présent.

Évidemment, son parcours a été semé d’embûches : dépendances, éviction, problèmes de santé mentale. Déterminé, Wolfgang savoure aujourd’hui des moments précieux avec sa mère et sa fille.

Sam Tsemberis, l’initiateur de l'approche de Logement d'abord rappelle un aspect important de la lutte contre l'itinérance. « La plupart des programmes choisissaient de loger des participants ne consommant pas de drogues – on ne voulait pas de locataires fumant de crack, par exemple. Seuls les candidats qui feraient des occupants exemplaires étaient sélectionnés pour être logés. Nous avons décidé d’employer la stratégie opposée : choisir les individus qui ne se qualifiaient pas pour les autres programmes. »

Il poursuit : « Cela nous ramène aux éléments fondamentaux de la nature humaine : les individus veulent se sentir bien dans leur peau, prendre du mieux, quitter la rue, prendre leurs dépendances en main, reprendre contact avec leur famille et trouver un emploi. Ce n’est pas comme s’il fallait créer des raisons de prendre sa vie en main – la motivation est là. Ce que nous devons faire, c’est mettre en place les moyens de soutenir les objectifs des clients. »

L'histoire de Wolfgang n’est pas sans rappeler celle de Leanne, une participante de Vancouver que nous avons suivie le jour ou elle laissait une chambre délabrée du Dowtown Eastside. Accro aux drogues dures, cette mère de famille souhaite retrouver la garde de ses enfants.

Hector, de Moncton, nous confie avoir retrouvé une forme de tranquillité grâce à Chez soi. Mais du même souffle, il s’est désolé de voir son fils glisser dans un désarroi qu’il a trop bien connu. Alcool, dépression et précarité ne lui ont pas réussi.

À Toronto, Jason avoue que c’est justement l’expérience de la paternité qui l’a plongé dans une angoisse profonde. Sa santé mentale n’allait plus jamais être la même.

De toutes ces histoires, on retient la place centrale que joue la famille dans la vie d’une personne vulnérable. Si la mère de Wolfgang soutient son fils tant bien que mal, ses enfants ont réussi à inspirer celle-ci et à mettre de l’ordre dans sa vie. Sans toit et sans soutien, Wolfgang n’y serait peut-être pas parvenu, mais au départ le rêve de revoir sa famille a pris forme en lui.

Accéder à Wolfgang

En regardant Wolfgang raconter son histoire devant sa mère et sa fille, on peut se demander comment on a bien pu se retrouver dans ce salon familial à entendre les confidences d’un ex-toxicomane.

Intégrée à l’équipe depuis près de deux ans, la réalisatrice Sarah Fortin a eu la tâche délicate de dépister ces histoires humaines au travers des conversations avec les employés de l’étude.

Documentariste de métier, elle est habituée de glisser sa caméra dans des lieux intimes comme le salon de la mère de Wolfgang. Dans les coulisses de Chez soi, Sarah a tenu à présenter des points de vue variés : l’attitude d’une psychiatre qui dit les choses comme elles sont, l’opinion d’une propriétaire qui a déjà côtoyé l’itinérance ou encore les états d’âme d’un participant qui habite un refuge faute de pouvoir être logé par Chez Soi.