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14/03/2013 03:54 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Dix ans après l'Irak, Washington évite de s'engager en Syrie ou en Iran

AP
In this photo released by the Syrian official news agency SANA, Syrian citizens carry a dead body, at the scene where two mortar rounds exploded near an orphanage, at al-Boukhtyar area, in Damascus, Syria, Wednesday March 13, 2013. The state-run SANA news agency said two mortar rounds exploded near an orphanage in al-Boukhtyar area, killing and wounding an unknown number of people. Syrian government troops fought fierce battles with rebels on Wednesday for control of key neighborhoods in the north of Damascus, residents and activists said. (AP Photo/SANA)

Dix ans après l'invasion en Irak, ce conflit impopulaire agit comme un repoussoir sur les autorités américaines aujourd'hui dissuadées de s'engager militairement pour stopper la guerre civile en Syrie ou le programme nucléaire de l'Iran.

L'opération "choc et effroi" en Irak a certes permis aux Etats-Unis de renverser Saddam Hussein. Mais elle leur a aussi fait perdre 4.500 soldats, coûté quelque 1.000 milliards de dollars et révélé les limites de leur puissance militaire et de leur capacité à imposer un régime démocratique au Moyen-Orient, soulignent des analystes.

"Sans même se demander si une vraie démocratie est viable ou durable (au Moyen-Orient), les Etats-Unis n'ont tiré aucun bénéfice stratégique de la guerre en Irak", pointe Ramzy Mardini, de l'Institut pour les études stratégiques sur l'Irak, à Beyrouth.

Si bien qu'à l'heure des révolutions du Printemps arabe --notamment pour la plus dramatique d'entre elles en Syrie-- les décideurs à Washington cherchent à tout prix à ne pas reproduire les erreurs catastrophiques qui avaient mené à l'intervention américano-britannique en Irak en mars 2003.

"L'expérience irakienne a appris aux Etats-Unis à faire attention au moindre faux-pas", résume Steven Heydemann, conseiller sur le Moyen-Orient au centre de réflexion américain Institute of Peace.

Aux yeux aussi de l'ancien secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz, "il est parfaitement logique que l'administration Obama ne veuille rien faire qui puisse conduire à une répétition de l'invasion de l'Irak".

"Et personne ne milite pour cela", écrivait récemment dans le Wall Street Journal ce néo-conservateur très chaud partisan de la guerre contre Saddam Hussein.

Une décennie plus tard, les Etats-Unis sont de nouveau confrontés à un dictateur, le président syrien Bachar al-Assad, accusé à son tour d'avoir amassé des armes chimiques, d'être soutenu par des groupes que Washington qualifie de "terroristes", comme le Hezbollah, et de massacrer son propre peuple.

Mais après deux ans d'un conflit qui a fait plus de 70.000 morts, même les les plus bellicistes aux Etats-Unis se gardent d'appeler haut et fort à armer directement les rebelles syriens, voire à imposer une zone d'exclusion aérienne.

Le président Barack Obama refuse de fournir des armes aux opposants au régime de Damas et s'en tient à une aide non létale, même si les Américains apportent dorénavant une assistance directe alimentaire et médicale à la rébellion sur le terrain.

Le gouvernement américain a toutefois été divisé sur la question à l'été 2012, la secrétaire d'Etat de l'époque, Hillary Clinton, et le patron d'alors de la CIA David Petraeus ayant plaidé en vain auprès de la Maison Blanche pour armer les insurgés.

De même pour l'Iran, et malgré l'impasse jusqu'à présent des négociations internationales sur son programme nucléaire, l'administration Obama fait tout pour éviter une action militaire et mise sur sa stratégie à "double-voie" mêlant sanctions économiques et pourparlers diplomatiques avec Téhéran.

La politique étrangère du président Obama reste marquée par le retrait d'Irak en 2011 et celui d'Afghanistan programmé pour la fin 2014.

Pour le Mali, Washington a refusé de mettre un pied dans le désert et se contente de fournir à l'armée française un appui logistique. Les Etats-Unis ont été tout aussi satisfaits de ne pas être en première ligne en Libye en 2011, même s'ils ont été de facto les principaux contributeurs de l'opération de l'Otan pour renverser le régime Kadhafi.

"On doit faire très attention à ne pas se précipiter dans des situations que l'on ne comprend pas et aux conséquences très, très inattendues", prévient Christopher Hill, qui fut ambassadeur en Irak entre 2009 et 2010.

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