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14/03/2013 02:11 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Développement humain: le Canada glisse au 11e rang du classement de l'ONU

OTTAWA - Le Canada ne fait plus partie des 10 pays en tête de liste du classement annuel de l'Indice de développement humain (IDH) des Nations unies — un résultat sans précédent, alors que le pays a occupé le premier rang pendant la majeure partie des années 1990.

Le rapport de 2013, qui passe en revue la performance des pays au chapitre de la santé, de l'éducation et du revenu, place le Canada au 11e rang, alors qu'il occupait le 10e échelon l'année précédente.

Une analyse plus approfondie révèle cependant que le Canada a en fait mieux fait que l'an dernier, mais que d'autres pays, comme l'Australie et le Japon, ont accru plus rapidement leurs performances.

Alyson Queen, porte-parole de la ministre des Ressources humaines Diane Finley, n'a pas commenté les résultats, mais a plutôt mis l'accent sur les performances passées du gouvernement.

«Nous croyons que la meilleure façon de combattre la pauvreté est de faire en sorte que les Canadiens travaillent», a déclaré Mme Queen. «C'est ce que fait notre Plan d'action économique en faisant croître l'économie et en ayant créé près de 950 000 emplois depuis juillet 2009. Depuis 2006, il y a 225 000 enfants de moins qui vivent dans la pauvreté que pendant le règne du précédent gouvernement libéral.»

Par contre, lorsque les chiffres sont ajustés en tenant compte l'égalité des sexes, le Canada glisse au 18e rang. Les États-Unis font encore pire, passant de la troisième à la 42e place.

La chef adjointe du Nouveau Parti démocratique (NPD), Megan Leslie, a déploré le fait que le Canada «soit tombé si bas sous le règne des conservateurs».

«Et je crois que cela renforce ce que le NDP dit, mais aussi ce que des organisations comme le Conference Board du Canada ont dit, sur le fait qu'il existe un écart de revenu grandissant au Canada. Cet écart crée de sérieux problèmes, et je ne crois pas que les conservateurs le prennent au sérieux», a-t-elle déclaré.

Le bureau du premier ministre n'a pas répondu à une demande de commenter le classement.

La conclusion principale du rapport, intitulé «L'essor du Sud», est toutefois encourageante à l'échelle internationale. Elle révèle que les pays qui étaient auparavant empêtrés dans la pauvreté et les inégalités sont maintenant sur une pente ascendante en termes de développement.

Le rapport indique également que le produit intérieur brut combiné du Brésil, de la Chine et de l'Inde équivaut maintenant à celui du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis réunis.

«Lorsque des dizaines de pays et des milliards de personnes montent dans l'échelle du développement, comme c'est le cas aujourd'hui, l'impact est immédiat sur la création de richesse et le progrès humain général dans tous les pays et régions du monde», peut-on lire dans le résumé du rapport de l'ONU.

Même les pays qui figurent au bas de la liste, comme le Niger ou la République démocratique du Congo, font partie de ceux qui montrent la plus forte amélioration.

Le Programme des Nations unies pour le développement évoque trois facteurs pour expliquer ce phénomène: les pratiques des secteurs privés et publics sont développées de manière proactive et pragmatique par les pays du Sud, ces pays profitent des marchés mondiaux, et ils investissent dans des programmes sociaux.

Selon Maurice Kugler, chef de la recherche et de l'analyse pour le rapport du Programme des Nations unies pour le développement, les gains en développement humain ne signifient pas la fin des inégalités dans ces pays. L'écart entre les riches et les pauvres est résistant, et c'est seulement en Amérique latine qu'il a diminué, a-t-il indiqué.

«Si l'inégalité persiste, cela engendre de l'instabilité politique et sociale, et c'est très important d'aborder cette question d'inégalité pour être capable d'avoir un développement humain durable à l'avenir», a-t-il dit.

Le rapport suggère ensuite que les organisations internationales et multilatérales devraient engager des réformes afin d'augmenter en leur sein la représentation de l'hémisphère sud.

«Si elles veulent survivre, les institutions internationales doivent être plus représentatives, transparentes et responsables, peut-on lire dans le rapport. Par ailleurs, l'ensemble des processus intergouvernementaux serait dynamisé par une participation accrue des pays du Sud, lesquels peuvent apporter d'importantes ressources financières, technologiques et humaines, et contribuer à la résolution des problèmes urgents à l'échelle mondiale.»