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14/03/2013 12:19 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Commission Charbonneau: plusieurs prête-noms pour financer le PLQ ou Union Mtl

MONTRÉAL - La Commission Charbonneau a pu constater, jeudi, à quel point la pratique des prête-noms semblait être banalisée durant les années 2000.

D'abord, un enquêteur de la commission, André Noël, a raconté que lui et trois de ses collègues ont visité 32 foyers de quartiers populaires ou de classe moyenne où vivaient des gens qui avaient donné plus de 1000 $ à Union Montréal en 2005 et 2009, soit deux années électorales.

De ce nombre, il n'y a pas eu de réponse dans 16 cas — c'était alors la semaine de relâche scolaire. Dans les 16 autres foyers où les résidants ont répondu à la porte, les enquêteurs ont trouvé des prête-noms dans huit cas. Les résidants y ont carrément admis aux enquêteurs que leur contribution politique n'avait pas été faite à titre personnelle et qu'ils avaient été remboursés pour ce don.

«On peut dire qu'un contributeur sur deux est un prête-nom, huit adresses sur 16, ce sont des prête-noms, des personnes qui nous ont dit qu'effectivement, ce n'était pas leur contribution personnelle, mais qu'elles avaient été remboursées», a résumé M. Noël, un ancien journaliste d'enquête au quotidien La Presse.

Et dans deux autres foyers, les enquêteurs soupçonnaient qu'il y avait aussi des prête-noms. Dans un de ces deux foyers, il y avait trois donateurs de 500 $, et leur emploi et revenu ne pouvaient justifier de telles contributions, a expliqué M. Noël.

La commission a ensuite entendu quatre témoins qui ont admis avoir servi de prête-nom. Ils travaillaient pour la firme de construction Louisbourg SBC, pour la firme de génie Leroux-Beaudoin-Hurens, pour la Société de développement Angus et pour Construction Pomerleau.

Un représentant de leur employeur leur avait demandé de faire un don en chèque à Union Montréal ou au Parti libéral du Québec, avant de se faire rembourser à même leur compte de dépenses. Dans certains cas, l'employeur leur faisait valoir qu'ils bénéficieraient ainsi d'un remboursement d'impôt.