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14/03/2013 03:54 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Bahreïn: heurts lors de manifestations contre les troupes du Golfe

Des affrontements ont opposé la police à des jeunes qui manifestaient jeudi dans des villages chiites entourant Manama contre le maintien de troupes du Golfe à Bahreïn, à l'occasion du deuxième anniversaire de leur déploiement, selon des témoins.

La police a lancé des grenades lacrymogènes et des bombes assourdissantes pour disperser les centaines de manifestants qui scandaient "Non aux occupants saoudiens" et "A bas Hamad", dans une référence au roi de Bahreïn Hamad ben Issa Al Khalifa, ont ajouté ces témoins.

Le 14 mars 2011, des troupes du "Bouclier de la péninsule", force commune des monarchies du Golfe, étaient entrées à Bahreïn pour prêter main-forte à la dynastie sunnite des Al-Khalifa, face au soulèvement dirigé par l'opposition chiite.

Les forces du Golfe, notamment saoudiennes, sont déployées autour des installations vitales et ne sont pas impliquées dans la répression des manifestations.

"Bahreïn libre, Bouclier de la Péninsule dehors", répétaient également les manifestants rassemblés à l'appel du "Mouvement du 14 février", un groupe radical organisant la contestation sur les réseaux sociaux.

Les manifestants ont bloqué les rues principales de leurs villages à l'aide de troncs d'arbres, de bennes à ordures et de pneus enflammés, et lancé des cocktails Molotov et des pierres sur la police, selon les témoins.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué sur son compte Twitter qu'un acte de "sabotage" avait été commis sur la route de Boudaiya, reliant plusieurs villages chiites. "La route a été bloquée et un véhicule a été incendié", a-t-il précisé.

Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par des chiites, majoritaires au sein de la population.

Malgré la répression meurtrière de la contestation à Manama de la mi-février à la mi-mars 2011, des manifestations continuent d'avoir lieu régulièrement dans les villages chiites autour de la capitale pour réclamer une monarchie constitutionnelle.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation.

L'opposition et le gouvernement ont entamé une nouvelle session de dialogue le 10 février, dans le but de trouver une issue à la crise, mais ce dialogue piétine.

bur-lyn/at/cco