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14/03/2013 12:46 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Aung San Suu Kyi durement critiquée pour son appui à un projet minier

MONYWA, Myanmar - Des villageois ont critiqué avec une rare hostilité la leader de l'opposition birmane, Aung San Suu Kyi, alors qu'elle effectuait un voyage dans le nord-ouest de la Birmanie, jeudi, afin d'expliquer pourquoi elle soutient un projet minier auquel la population s'oppose.

La «Dame de Rangoon» n'est pas parvenue à convaincre les détracteurs du projet du bien-fondé des conclusions du rapport d'un groupe d'experts dont elle faisait partie. Ce comité a conclu que les opérations devraient se poursuivre à la mine de cuivre Letpadaung afin d'encourager les entreprises étrangers à investir dans l'économie chancelante du pays.

À un moment, les habitants ont érigé des barrières autour de leur village, dans le canton de Monywa. Ils ont accepté de laisser pénétrer Aung San Suu Kyi seulement à condition que celle-ci soit encadrée par moins de policiers et accompagnée d'un nombre moins important de journalistes.

La militante et politicienne est peu habituée à ce genre de réception. Dans le passé, elle a été victime d'intimidation venant de la junte militaire, mais la plupart de ses concitoyens la considèrent comme une sainte.

Les opposants au projet affirment que la mine, un projet conjoint avec la compagnie chinoise Wan Bao, provoque des problèmes environnementaux et sociaux, ainsi que des ennuis de santé, et qu'elle devrait fermer ses portes.

La commission a enquêté sur les activités de la mine de Letpadaung ainsi que sur une charge policière contre une manifestation sur les lieux, en novembre dernier, qui a fait de nombreux blessés graves.

Son rapport, rendu public mardi, soutient qu'honorer le contrat minier avec une entreprise conjointe chinoise vaut davantage que les demandes des villageois, qui réclament que les activités minières soient interrompues en raison de problèmes sociaux et environnementaux présumés. Le document ne critique que tièdement les autorités, malgré les blessures causées aux protestataires, majoritairement des moines bouddhistes, par l'utilisation de bombes fumigènes incendiaires.