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14/03/2013 07:23 EDT | Actualisé 14/05/2013 05:12 EDT

Amnesty International accuse les rebelles syriens d'exécutions sommaires

BEYROUTH - Les rebelles syriens exécutent couramment les soldats du régime et les informateurs présumés, ont affirmé jeudi des militants des droits de la personne avant de prévenir que les insurgés se rendent de plus en en plus fréquemment coupables de crimes de guerre.

Toutefois, a ajouté Amnesty International, les crimes commis par le régime de Bachar el-Assad demeurent nettement plus mortels, plus systématiques et plus répandus. Le groupe évoque notamment des populations civiles attaquées à l'aide d'armes imprécises comme des bombes à dispersion, qui sont pourtant interdites.

La fréquence et l'ampleur de ces attaques s'est accentuée au cours des derniers mois, prévient Amnesty dans des rapports conjoints rendus publics jeudi. Ces rapports donnent le détail des agissements des insurgés et des forces du régime.

Une porte-parole d'Amnesty, Cilina Nasser, a déclaré que les rebelles, même s'ils jouissent d'une certaine sympathie en Occident, doivent comprendre que plusieurs de leurs gestes sont l'équivalent de crimes de guerre.

Le principal groupe rebelle, l'Armée syrienne libre, a nié que des soldats capturés soient fréquement exécutés et évoque plutôt des incidents isolés. L'Armée syrienne libre ne contrôle toutefois pas certains combattants qui luttent contre le régime Assad, notamment le groupe Jabhat al-Nusra associé à Al-Qaïda.

En Israël, le chef des renseignements militaires, le général Aviv Kochavi, a prévenu que le régime s'apprête à utiliser des armes chimiques contre les rebelles. Il n'a pas fourni plus de détails, mais a ajouté que l'Iran et le groupe libanais Hezbollah combattent aux côtés des forces gouvernementales.

Jeudi, la France a déclaré être prête à armer les insurgés syriens et a demandé une rencontre d'urgence de l'Union européenne pour discuter de l'annulation de l'embargo qui pèse sur l'envoi d'armes en Syrie. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que la levée de cet embargo pourrait faire avancer le dossier sur le plan politique.

La Russie, qui fournit des armes au régime Assad, s'oppose catégoriquement à l'armement des rebelles. Plusieurs diplomates estiment aussi que l'arrivée de nouvelles armes dans le conflit syrien ne ferait qu'aggraver la crise.

Par ailleurs, le nombre de réfugiés syriens enregistré a bondi de 10 pour cent en une semaine à 1,1 million, a indiqué jeudi l'agence onusienne des réfugiés. Le nombre de Syriens qui fuient vers les pays voisins est passé de 3000 à 8000 par jour.

La semaine dernière, l'ONU avait annoncé que la Jordanie, le Liban, la Turquie, l'Égypte, l'Irak et l'Afrique du Nord accueillent maintenant un million de réfugiés syriens. Depuis ce moment, plus de 121 000 nouveaux réfugiés se sont enregistrés, un bond de plus de 10 pour cent. Des centaines de milliers d'autres Syriens en fuite ne se seraient pas enregistrés auprès de l'ONU.