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13/03/2013 06:56 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Transcontinental n'est pas intéressée par les canaux à vendre d'Astral

MONTRÉAL - Le président et chef de la direction de Transcontinental (TSX:TCL.A), François Olivier, a confirmé mercredi que l'entreprise montréalaise n'avait pas l'intention d'acquérir les canaux de télévision spécialisés qui deviendront disponibles dans la foulée de la transaction Bell-Astral.

«On aurait eu un intérêt pour certains des canaux d'Astral qui étaient proches des créneaux de nos magazines, mais malheureusement pour nous, les canaux qui sont disponibles sont surtout dans le créneau des jeunes, que nous ne touchons pas présentement à Transcontinental», a déclaré M. Olivier lors d'un point de presse tenu à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Transcontinental publie notamment les magazines Elle Québec et Coup de pouce, qui s'adressent principalement aux femmes.

En vertu d'une entente récemment conclue avec le Bureau de la concurrence, Bell (TSX:BCE) pourra conserver huit canaux spécialisés d'Astral, dont Canal Vie et Canal D. Corus (TSX:CRJ.B) rachètera cinq canaux dont Historia et Séries+ alors que six autres devront être mis en vente, Musimax et MusiquePlus notamment.

Rappelons que Transcontinental s'est lancée dans la production télévisuelle l'an dernier. L'entreprise produit notamment des émissions pour le canal V.

«Pour nous, c'est un complément, ce n'est pas central à notre stratégie et on n'a pas l'intention de devenir un joueur majeur en production télévisuelle», a précisé François Olivier.

Le dirigeant s'est par ailleurs réjoui de l'intervention du Bureau de la concurrence, qui fera en sorte que Bell sera un peu moins dominant dans le secteur des médias qu'elle ne l'aurait été si la première mouture de la transaction avec Astral avait été acceptée par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

«C'est une bonne nouvelle: il va y avoir un autre joueur qui va arriver au Québec, Corus, a dit M. Olivier. C'est une bonne chose d'avoir une certaine diversité.»

Dividende

Transcontinental a par ailleurs annoncé mercredi le versement d'un dividende spécial d'un dollar par action. L'entreprise récompense ainsi ses actionnaires après avoir reçu un paiement de 200 millions $ US de la part de l'éditeur américain de journaux Hearst, client de son imprimerie californienne. Hearst a effectué cette contribution afin de bénéficier de tarifs d'impression plus avantageux de la part de Transcontinental.

«On a fait cette redistribution aux actionnaires principalement parce qu'ils nous ont soutenus en 2006 et en 2007 alors qu'on avait investi autour de 700 millions $ dans le secteur de l'impression, a expliqué François Olivier. Ces investissements-là ont été rentables.»

M. Olivier a précisé qu'en dépit de ce dividende spécial, qui lui coûtera environ 78 millions $, Transcontinental aura encore la flexibilité nécessaire pour investir jusqu'à 1 milliard $ dans ses activités. L'entreprise a grandement réduit sa dette au cours des dernières années.

Résultats

À son premier trimestre, qui a pris fin le 31 janvier, Transcontinental a renoué avec la rentabilité, enregistrant des profits nets de 17,8 millions $ (23 cents par action). Pendant la même période de l'année précédente, l'entreprise avait subi une perte de 33,3 millions $ (41 cents par action).

Les revenus trimestriels ont progressé de 8,4 pour cent pour atteindre 528,7 millions $, en raison notamment de l'acquisition des imprimeries canadiennes de l'entreprise américaine Quad/Graphics (lesquelles appartenaient auparavant à la défunte Quebecor World).

La hausse a toutefois été atténuée par la fin du contrat d'impression et de distribution des circulaires de la chaîne de magasins Zellers et par les incitatifs financiers accordés par Transcontinental pour obtenir le renouvellement de certains contrats l'an dernier.

L'entreprise tente de décrocher le contrat d'impression de la chaîne américaine Target, qui a racheté les magasins Zellers, mais en vain pour l'instant.

«Le gros des programmes marketing des détaillants au Canada, c'est l'impression de circulaires et pour le moment ils ont décidé (Target) de faire ça des États-Unis, a affirmé François Olivier. On verra s'il n'y aura pas une possibilité pour nous, plus tard, d'avoir une relation avec eux, mais pour le moment, on n'a pas de contrat avec Target pour remplacer le volume de Zellers.»

L'action de Transcontinental a clôturé à 12,50 $ mercredi, en hausse de 0,3 pour cent, à la Bourse de Toronto.