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13/03/2013 07:06 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Pape François: à La Motte ou ailleurs, les Québécois sont très nombreux à réagir

AP
Pope Francis waves to the crowd from the central balcony of St. Peter's Basilica at the Vatican, Wednesday, March 13, 2013. Cardinal Jorge Bergoglio who chose the name of Francis is the 266th pontiff of the Roman Catholic Church. (AP Photo/Gregorio Borgia)

MONTRÉAL - Les réactions n'ont pas tardé à affluer au Québec, mercredi, après l'annonce de la nomination du nouveau pape, l'Argentin Jorge Mario Bergoglio.

À La Motte, dans l'Abitibi-Témiscamingue, où la population espérait l'accès au poste du chef de l'Église catholique du cardinal Marc Ouellet, natif de l'endroit, le maire René Martineau a admis que les dernières semaines avaient été «un tourbillon» pour la petite municipalité. «Des dizaines de journalistes ont circulé un peu partout sur le territoire pour en savoir un peu plus sur l'homme qui fait les manchettes à travers le monde», a-t-il déclaré.

Mgr Ouellet était effectivement considéré comme l'un des papabiles, soit l'un des cardinaux ayant des chances d'être élu souverain pontife.

Affirmant que «la vie allait reprendre son cours normal» dans sa petite ville, le maire Martineau a dit espérer que le cardinal Ouellet reviendrait «se ressourcer et se reposer dans son village natal».

Pour l'un des frères de Mgr Ouellet, Roch, il est question «d'émoi et de soulagement», après des semaines de tensions et d'interrogations à propos de l'identité du nouveau pape. Selon lui, la famille Ouellet «est consciente d'avoir vécu un moment historique au cours des dernières semaines», et «toute une gamme d'émotions ont été ressenties».

La mère de la famille, Graziella, a fait savoir qu'elle avait hâte de parler au téléphone avec son fils.

«C'est avec joie que nous retrouverons notre frère cet été, en famille, en toute tranquillité, et loin des médias», a conclu l'un des frères du cardinal Ouellet.

Du côté de l'Association des victimes de prêtres, on dit trouver encourageant que le nouveau pape ait connu l'implication auprès des pauvres et des démunis. En entrevue à La Presse Canadienne, le président de l'organisme, Carlo Tarini, s'est dit toutefois «très désappointé» que Mgr Ouellet n'ait pas été choisi.

«Si Mgr Ouellet avait été choisi, cela aurait été extrêmement avantageux pour les victimes d'abus de prêtres au Québec. Cela aurait permis de mettre l'emphase sur ce qui s'est passé dans son diocèse, dans sa province, et cela aurait permis de combattre ce genre d'abus», a-t-il confié.

M. Tarini n'est d'ailleurs pas fermé à la possibilité que le cardinal Ouellet puisse éventuellement accéder à la papauté d'ici quelques années.

«Nous avons soutenu la nomination de Mgr Ouellet dans l'espoir d'attirer l'attention des médias sur les cas uniques d'abus au Québec, en termes de nombre de personnes agressées, de durée des sévices, et parce que les agresseurs ont été conservés dans le giron de l'Église», a-t-il dit.

Au diocèse de Québec, l'archevêque Gérard Cyprien Lacroix s'est réjoui du fait que le nouveau pape provienne de l'ordre des Jésuites.

«Je partage la joie avec la famille des Jésuites qui est encore à Québec, et encore engagée», a-t-il dit.

Se disant «profondément ému» par l'humilité du pape François, Mgr Lacroix a précisé que ce dernier n'avait pas encore expliqué la raison derrière le choix de son nom.

«Si l'on se rappelle, Benoît XVI avait immédiatement expliqué le pourquoi du choix de son nom», a-t-il rappelé.

«Cela me réjouit de penser que le premier évêque en Nouvelle-France portait le nom de François, et notre pape aussi.»

Mgr Lacroix a précisé que les prêtres du Québec étaient heureux de travailler avec le nouveau souverain pontife.

Au dire de Mgr Maurice Couture, archevêque émérite de Québec, l'implication pastorale du pape est un «reflet de la doctrine sociale de l'Église, qui, d'après moi, est très mal connue, et dont les grandes lignes sont tout à fait adaptées à la modernité».

«Je crois que le pape peut être un modèle, puisqu'il a très franchement dénoncé les abus du libéralisme économique et de la recherche effrénée du profit, parfois aux dépens de la dignité humaine», a-t-il dit.

Le gouvernement Marois salue le nouveau pape

Dans une brève déclaration transmise mercredi par voie de communiqué, la première ministre Pauline Marois dit saluer l'élection du cardinal Bergoglio, qui a pris le nom de François.

«L'Église catholique est intimement liée à l'histoire du Québec et demeure présente dans la vie de beaucoup de Québécois», a-t-elle affirmé, disant souhaiter que ce nouveau pontificat soit porteur d'un «message de dialogue et de réflexion sur les enjeux actuels de notre société».

Le vice-premier ministre François Gendron, député de la circonscription d'Abitibi-Ouest, a déclaré que les gens de la région vivaient «une déception tout à fait légitime», mais qu'ils éprouvaient néanmoins «une belle fierté».

À la sortie de la séance du conseil des ministres, mercredi après-midi, dans la Vieille-Capitale, il a d'abord félicité le nouveau pape, au nom du gouvernement du Québec.

Puis, bien sûr, M. Gendron, doyen de l'Assemblée nationale, qui représente Abitibi-Ouest depuis 1976, a commenté le sort de son concitoyen, le cardinal Marc Ouellet, qui était pressenti parmi les trois favoris pour succéder à Benoît XVI.

Le village d'origine de Mgr Ouellet, La Motte, se trouve dans la circonscription de M. Gendron.

En point de presse, le député a précisé qu'il a connu personnellement les parents de Mgr Ouellet et qu'il connaît bien les gens de La Motte.

«Je pense que le cardinal Ouellet était une personne d'envergure sur le plan des valeurs personnelles, a-t-il déclaré. Les Abitibiens ont participé pour une première fois... C'est tout un événement pour les gens de l'Abitibi.»

Les Abitibiens ont ainsi exprimé «largement une belle fierté», même s'ils peuvent être déçus de l'issue du conclave, a-t-il ajouté.

«C'est une déception tout à fait légitime quand on connaît l'individu, la famille, quand on aspire à des postes aussi élevés, mais la déception est rapidement contrée, parce que dès que quelqu'un est considéré dans les aspirants à un poste d'aussi grande importance pour la Chrétienté, c'est une belle joie, une belle fierté», a dit M. Gendron.

Ottawa réagit

Le gouvernement fédéral n'est pas en reste, alors que le premier ministre Stephen Harper a lui aussi salué le choix du nouveau souverain pontife.

«Sa Sainteté jouera un rôle crucial en tant que dirigeant de l'Église catholique, alors que cette dernière est confrontée aux défis du 21e siècle. Son expérience et son engagement profond envers la foi et l'humanité lui seront utiles», a dit M. Harper par voie de communiqué.

Il a par ailleurs ajouté que «le Canada et le Saint-Siège sont engagés à promouvoir la dignité de la personne humaine et la liberté de conscience et de religion».

«J'espère sincèrement que la foi, la dévotion et la conviction du pape François favoriseront la paix, la compréhension et la tolérance entre les peuples et les religions dans le monde.»

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