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13/03/2013 04:01 EDT | Actualisé 12/05/2013 05:12 EDT

Qui est Jorge Mario Bergoglio?

Jorge Mario Bergoglio est le premier pape à prendre le nom de François. Il est aussi le premier pape jésuite et le premier pape des Amériques. Avec sa discrétion et son refus du luxe et de l'ostentation, le nouveau pape François incarne son principal cheval de bataille : la défense des pauvres.

Plusieurs analystes interprètent d'ailleurs le choix de son nom pontifical comme une référence à Saint-François-d'Assise.

Prompt à dénoncer le néolibéralisme et la mondialisation, Jorge Bergoglio est devenu en Argentine une autorité morale en matière de lutte contre la pauvreté.

On le dit tour à tour timide, austère, modéré et réformiste. Il s'est opposé au mariage gai en 2010 et a affronté la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, sur cette question. En revanche, il a déjà critiqué et qualifié d'« hypocrites » les prêtres qui refusaient de baptiser les enfants nés hors mariage.

Il se lève à 4 h 30 tous les matins et se couche à 21 h le soir. Ne possédant pas de voiture, il emprunte les transports en commun de Buenos Aires et n'hésite pas à rendre visite à ses collègues qui oeuvrent dans les bidonvilles.

Étonnamment, Jorge Mario Bergoglio n'aime pas voyager, affirme Eduardo Garica, évêque auxiliaire de Buenos Aires, qui prédit que le nouveau souverain pontife ne sera pas un « pape voyageur ».

S'il n'apparaissait pas sur les listes de cardinaux papables pour ce conclave-ci, l'homme d'Église argentin n'était pourtant pas inconnu des vaticanistes. Certaines sources prétendent qu'il est arrivé finaliste lors du conclave de 2005, qui s'est finalement soldé par l'élection de Benoît XVI.

Controverse

Défenseur de la non-politisation de la Compagnie de Jésus, Bergoglio est reconnu pour fuir les politiciens tout comme les médias. Malgré cela, il incarne la seule véritable figure d'opposition au clan Kirchner, dont il dénonce l'autoritarisme, et qui dirige l'État argentin depuis 2003. La présidente féministe Cristina Kirchner, quant à elle, a déjà associé au Moyen-Âge et à l'Inquisition des positions de Bergoglio, notamment sur la place des femmes et la contraception.

Le catholicisme est encore en expansion en Amérique latine, mais l'Église catholique a un passé controversé en Argentine. Alors que les religieux ont soutenu la lutte contre la répression au Brésil et au Chili, l'Église argentine a souvent été accusée de s'être faite complice du régime dictatorial qui a gouverné le pays de 1976 à 1983.

Bien qu'il n'ait pas été directement accusé d'avoir commis de crimes, des pro-Kirchner ont diffusé en 2005 une histoire mettant Bergoglio en cause. Selon leur version, il aurait dénoncé deux de ses confrères enlevés et torturés par les militaires. D'autres versions témoignent plutôt de l'énergie qu'il aurait dédié à obtenir leur libération.

La polémique s'est poursuivie en 2007, après qu'un prêtre argentin soit condamné pour torture et complicité de torture avec la dictature. Bergoglio avait alors déclaré que l'Église n'était pas responsable des crimes commis, rejetant la responsabilité sur des individus isolés.

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Issu d'un milieu modeste

Jorge Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine, d'une famille modeste d'immigrants italiens, comme la plupart des habitants de la capitale à l'époque. Son père était employé des chemins de fer.

Il a été formé comme ingénieur chimiste avant d'être ordonné prêtre par les Jésuites, le 13 décembre 1969. Il a ensuite fait ses études à la Faculté théologique de San Miguel, pour ensuite en devenir le recteur de 1980 à 1986.

Il a servi comme président de la conférence des évêques d'Argentine de 2005 à 2011, puis a été proclamé cardinal par Jean-Paul II en 2001.

L'homme de 76 ans vit avec un seul poumon depuis qu'il a l'âge de 20 ans.

Grand amateur de soccer, de tango, d'opéra et de lecture, ses auteurs préférés sont Dostoïevski et José Luis Borgès.