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13/03/2013 09:56 EDT | Actualisé 13/05/2013 05:12 EDT

Marc Garneau tire sa révérence, et donne son appui à Justin Trudeau

OTTAWA - Avec sa bosse des mathématiques, Marc Garneau a fait les calculs: il n'avait aucune chance de battre Justin Trudeau et de remporter la course au leadership du Parti libéral du Canada. Après lui avoir reproché son manque d'expérience et de substance, l'ex-astronaute a finalement décidé de se ranger derrière le grand favori.

S'il donne son appui à M. Trudeau, M. Garneau ne semble regretter en rien les mots durs qu'il a eus à l'endroit de son adversaire.

«Je crois que dans une course, même au sein d'un parti, on peut faire une course vigoureuse et se critiquer (...)», a-t-il insisté en point de presse, jugeant avoir mené la bataille de façon constructive.

Mais M. Garneau a contourné les questions des reporters qui lui demandaient s'il se ravisait et jugeait désormais que M. Trudeau a l'expérience nécessaire pour être à la tête du PLC.

«Je crois que Justin Trudeau, basé sur les chiffres, va gagner, c'est incontestable (...). Je suis là pour l'appuyer parce que je suis un fidèle libéral et je crois que Justin Trudeau sera le prochain premier ministre du Canada», a-t-il répété.

M. Garneau avait tenté, à quelques reprises, de faire fléchir M. Trudeau, réclamant entre autres un débat à deux et reprochant au député de Papineau son manque de prises de positions. Malgré ses efforts, l'avance de M. Trudeau ne s'est pas démentie.

Sur Twitter, M. Trudeau a salué son nouveau supporteur après son annonce. «Merci Marc Garneau pour ton appui et ton incroyable service envers les Canadiens. Il nous reste beaucoup de travail, ensemble!», a-t-il écrit.

M. Garneau avait en main un sondage téléphonique interne qui le plaçait en deuxième place, a-t-il affirmé en point de presse. L'avance de M. Trudeau paraissait insurmontable avec 72 pour cent de l'appui des personnes sondées. M. Garneau suivait de loin avec 15 pour cent, puis Joyce Murray (7 pour cent) et Martha Hall Findlay (5 pour cent). Le sondage ne tenait pas en compte la candidature de l'ex-ministre libéral Martin Cauchon et celles des autres aspirants chefs David Bertschi, Deborah Coyne and Karen McCrimmon.

Mais ce sera à eux de voir si cela vaut le coup de tenter de tenir tête à Justin Trudeau jusqu'à la fin. «C'est à eux de prendre leur décision personnelle. Il reste encore quatre semaines et quelques jours à cette course», a conclu M. Garneau.

Pour le dernier Québécois encore dans la lutte hormis M. Trudeau, la lutte est toutefois «loin d'être terminée».

«Il y a beaucoup de monde qui sont enregistrés sous le nom d'un candidat ou d'une candidate et qui affirment au téléphone qu'ils sont encore en réflexion», a signalé M. Cauchon, qui a servi dans le gouvernement de Jean Chrétien. À ses yeux, la décision de M. Garneau est une «approche curieuse, un peu défaitiste».

Martha Hall Findlay, ancienne députée de la région de Toronto, croit également qu'il ne faut pas sauter aux conclusions trop rapidement. «Pour ceux qui parlent des sondages et des chiffres: nous ne sommes pas naïfs et nous sommes pleinement conscients du défi», a-t-elle écrit dans un communiqué. Elle a cependant rappelé que selon les règles de l'investiture, chaque comté vaut 100 points. En conséquence, un vote dans une circonscription où il y a de nombreux militants et partisans qui se prononceront vaut moins que celui dans un comté où il y a peu d'électeurs.

Les ex-rivaux de Marc Garneau ont tenu en général à souligner sa contribution à la course. «Il est l’un des citoyens canadiens les plus accomplis et les plus honorables qui a contribué – et je suis sûre qu’il continuera d’y contribuer – à l’avancement du Canada de bien des façons», a souligné la députée de Vancouver Quadra, Joyce Murray.

Les finances de la campagne de M. Garneau n'ont rien à voir avec sa décision de quitter la course, a-t-il noté en point de presse. M. Trudeau ne lui aurait par ailleurs fait aucune promesse quant à un éventuel poste de porte-parole.

Le vote des militants et partisans du PLC se tient dans quelques semaines et le gagnant sera annoncé le 14 avril prochain à Ottawa. D'ici là, un dernier débat entre les candidats restants aura lieu à Montréal le 23 mars.